Société

Harki : "on attend toujours que le gouvernement reconnaisse le traumatisme"

Par Olivia Chandioux, France Bleu Besançon samedi 24 septembre 2016 à 19:26

Depuis 2003, le 25 septembre est la journée nationale d'hommage aux harkis.
Depuis 2003, le 25 septembre est la journée nationale d'hommage aux harkis. © Maxppp - Patrick Lavaud

Dimanche la France rend un hommage national aux harkis, comme tous les 25 septembre depuis 2003. Mais pour les descendants de harki, cet hommage national est une bien maigre consolation au regard des sacrifices de leurs parents.

Depuis 2003, le 25 septembre est la journée nationale d'hommage  et autres membres des formations supplétives. Ces algériens se sont engagés aux côtés de l'armée française pendant la guerre d'Algérie (1954-1962). Au plus fort de la guerre, ils auraient été 200 000 selon les historiens Arrestations, brimades, exécutions.... Entre juillet et septembre 1962, beaucoup ont connu l'enfer. Ils seraient 40 000 à avoir émigré en France pour fuir les représailles.

On ne parlait pas de ça avec mon père, c'était un tabou. Joseph, fils de harki

Joseph vit près de Besançon. Fils de harki, il n'a jamais connu l'Algérie car il est né en métropole. Son père est décédé, il y a quelques temps, mais le sujet de la guerre n'a jamais vraiment fait partie de leurs discussions familiales, trop douloureux... "Comme il était harki, il ne pouvait plus rentrer en Algérie. Ils ont laissé leur terrain, leur maison, leur famille... Ils ont pris leurs frères et soeurs et ils sont partis. Ils ont été dans plusieurs régions, Grenoble, Bourges puis Besançon. On ne parlait pas trop de ça, c'était un sujet tabou parce qu'il a eu beaucoup de séquelles mon père parce qu'il pensait beaucoup à l'Algérie. Mais il n'y est jamais retourné il avait trop peur des représailles."

"On attend plus de reconnaissance de la part du gouvernement"

Pour Joseph, cette journée ce n'est pas assez. "On attend toujours que le gouvernement reconnaisse le traumatisme. Ok c'est bien on nous a mis une journée des harki c'est bien mais on attend plus. La reconnaissance elle a jamais été réelle. Les harkis ont été massacrés, ils ont beaucoup soufferts. On les a quand même parqué dans des camps. Je suis sûr que beaucoup de jeunes en France ne savent même pas qui sont les harki. Moi j'espère qu'on ne les oubliera jamais même dans 10, 20 ou 100 ans." Depuis 2005, les harkis ou leurs veuves touchent une "allocation de reconnaissance" de « l’allocation de reconnaissance celle-ci se monte actuellement à 2 143 € par an. Après le 18 mars 1962, 40 000 des 150 000 supplétifs de l’armée française en Algérie ont pu gagner la France avec leurs familles. Selon les estimations, ils ne sont plus que 6 000 survivants. Avec les enfants de la deuxième et troisième génération, la communauté harkie serait actuellement composée de 500 000 membres.