Société

Hayange : le Secours populaire refuse de rendre les clés de son local

Par Cédric Lang-Roth , France Bleu Lorraine Nord vendredi 30 septembre 2016 à 17:22

Le Secours populaire de Hayange occupe ces locaux depuis près de 10 ans.
Le Secours populaire de Hayange occupe ces locaux depuis près de 10 ans. © Radio France - Cédric Lang-Roth

Face à face musclé, ce vendredi matin, à Hayange. Un huissier est venu, sous les sifflets, constater le refus du Secours populaire de rendre les clés du local qu'il occupe. La mairie FN de la commune a décidé d'expulser l'association, devenue, selon le maire "une succursale du parti communiste".

Ils sont une petite cinquantaine, ce vendredi matin, réunis devant le local du Secours populaire de Hayange. Des militants associatifs et politiques, des bénévoles, des bénéficiaires, tous sont là pour réserver un comité d'accueil à l'huissier de justice mandaté par la mairie. Le maire FN, Fabien Engelmann, veut en effet expulser l'association, expliquant qu'il s'agit d'une "succursale du parti communiste".

A l'arrivée de l'auxiliaire de justice, les manifestants forment une chaîne humaine pour lui interdire l'accès. Parmi eux, Fabienne, une bénéficiaire de l'association, qui lui lance : "moi j'ai un gamin de 18 ans, il ne crèvera pas de faim, j'irai voler s'il le faut et la police viendra me chercher. On se soutiendra, on est là, on est forts ! Vous ne fermerez pas nos locaux." Avec l'huissier, la directrice générale des services de la mairie, qui explique qu'il s'agit d'un problème administratif. L'association, précise-t-elle, ne dispose d'aucun bail l'autorisant à occuper le local.

Notre combat est juste"

Mais la présidente de la section hayangeoise du Secours populaire affirme ce n'est pas la vraie raison. Pour Anne Duflot-Allievi, tout remonte à l'hiver dernier. L'association organise, avec le CCAS de la commune et d'autres associations caritatives, un goûter de Noël. Mais selon Mme Duflot-Allievi, la mairie impose que seuls les enfants de familles percevant les minimas sociaux pourront participer à cet événement.

Cette décision de la mairie, elle s'en étonne, notamment dans la presse, car elle prive notamment de goûter les enfants de migrants. Une prise de position que n'aurait pas supportée le maire. "Notre combat est juste. M. Engelmann nous reproche d'être pro-migrants, il a une animosité envers le trésorier et moi-même, et du coup, il veut punir tous les bénéficiaire. Mais on ne lâche rien, notre combat est juste. Et on ne rend pas les clés !"

Fabien Engelmann évoque une "succursale du parti communiste"

Le maire, Fabien Engelmann, explique sa décision : "au bout d'un moment, moi je ne veux pas avoir une succursale du parti communiste français qui utilise le nom d'une association. Moi je n'ai rien contre le Secours populaire français mais je trouve ça assez navrant d'avoir des responsables au niveau local qui encore une fois politisent leur discours."

Le Secours populaire ne compte pas en rester là et étudie la possibilité de déposer un recours judiciaire contre cette expulsion.