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Henry Delagenière, le Sarthois qui réparait le visage des gueules cassées de la Grande guerre

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Par , France Bleu Maine, France Bleu

Une rue porte son nom, au Mans, dans le quartier des Maillets : Henry Delagenière a révolutionné la chirurgie pendant la Première Guerre mondiale. Ce médecin sarthois a inventé une greffe pour "réparer" les "gueules cassées", ces soldats gravement blessés au visage pendant les combats.

Henry Delagenière est enterré au cimetière du Père Lachaise, à Paris
Henry Delagenière est enterré au cimetière du Père Lachaise, à Paris - Fernand Larippe (licence ouverte)

C'est une blessure que les autorités militaires n'imaginent pas lorsque la guerre éclate en 1914 : de nombreux soldats reviennent du front défigurés. Drame auquel le médecin manceau Henry Delagenière (1850 - 1930) est particulièrement sensible. Il met au point une greffe appelée ostéo-périostique : non seulement de peau mais aussi d'os prélevé sur le tibia du blessé. Le visage reprend ainsi une apparence plus humaine. Et le soldat retrouve une meilleure élocution et mastication. C'est cet aspect de la chirurgie réparatrice (ou "restauratrice", comme on le dit à l'époque) qui est le plus novateur. L'idée lui vient de sa formation initiale en menuiserie, raconte l'historienne Sophie Delaporte : "la méthode de greffe que décrit Henry Delagenière s’avère justement très proche de celle du menuisier. Il explique notamment : le lambeau se prélève comme le menuisier enlève au ciseau un copeau de bois et au moment où la greffe se détache, elle a l'aspect d'un copeau de bois'". 

Le Sarthois forme des médecins français et étrangers

Le médecin manceau met au point cette technique en 1916. Il cherche ensuite à la diffuser pour que le plus grand nombre possible de soldats en bénéficie. "Comme Delagenière opérait au Mans, il lui a fallu qu'il se déplace à Paris, parfois avec certains de ses blessés, pour bien montrer l'aspect fondamental de sa greffe dans la reconstruction des visages", explique Sophie Delaporte, maître de conférence à l'Université de Picardie, spécialiste des "gueules cassées". "Nombreux sont ses confrères français mais aussi étrangers, en particulier américains, qui sont également venus au Mans pour voir de quelle manière il opérait et tenter de reproduire cette méthode".

Un précurseur de la chirurgie réparatrice

Après l'Armistice, ce travail de chirurgie d'Henry Delagenière s'arrête assez brutalement, explique Sophie Delaporte: "les lieux de soins disparaissent et les médecins sont démobilisés. Sa technique est restée mais elle s’est très peu diffusée dans le champ civil du temps de paix". Outre une rue, une clinique a longtemps porté, au Mans, le nom d'Henry Delagenière.

► L'historienne Sophie Delaporte (maître de conférence en histoire contemporaine à l'Université de Picardie, à Amiens) donne une conférence au Mans le jeudi 22 novembre pour mieux faire connaître Henry Delagenière et son travail de "réparation" des "gueules cassées". C'est à 18h à l'Université du Mans.

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