Société

Hôtellerie : l'Assemblée nationale vote une hausse du plafond de la taxe de séjour

Par Julie Guesdon, France Bleu vendredi 27 juin 2014 à 13:19

Le prix de la taxe de séjour sera fixé par les communes, dans une limite de 8 euros par personne et par nuitée.
Le prix de la taxe de séjour sera fixé par les communes, dans une limite de 8 euros par personne et par nuitée. © MaxPPP

Les députés ont adopté mercredi soir un amendement qui relève le plafond de la taxe de séjour. Aujourd'hui fixée à 1,50 euros pour les hôtels 5 étoiles, elle pourra augmenter jusqu'à 8 euros par nuitée et par personne. Une mesure décriée par les professionnels du tourisme, par Fleur Pellerin, ministre du Tourisme et le Quay d'Orsay.

Si vous séjournez à l'hôtel, on pourra désormais vous réclamer jusqu'à 8 euros de taxe de séjour par nuitée et par personne . Mercredi dernier, les députés ont voté une hausse du plafond de la taxe de séjour. L'amendement, proposé mercredi et adopté dans la soirée, prévoit de multiplier par cinq le montant de la taxe de séjour pour les hôtels trois, quatre et cinq étoiles.

Fixée par les communes, les taxes de séjour pourront aller jusqu'à 5 euros (contre 1 euro aujourd'hui) dans les hôtels trois étoiles et jusqu'à 8 euros (contre 1,50) dans les hôtes de quatre et cinq étoiles.

En Île-de-France, deux euros supplémentaires pour financer les transports

Au-delà de ce nouveau barème pour la taxe de séjour, les touristes et professionnels qui séjournent dans des hôtels d'Île-de-France vont devoir assumer un coût supplémentaire : une taxe de séjour spécifique à la région parisienne. Fixée à deux euros par nuité et par personne, la taxe devrait rapporter 140 millions d'euros à l'État, soit la quasi-totalité du montant investi par le gouvernement pour financer les transports en Île-de-France. Portée par Jean-Paul Huchon, président PS du conseil régional, la mesure est "cohérente" : "les 40 millions de touristes annuels en Île-de-France sont nombreux à utiliser les transports".

Un avis qui n'est pas vraiment partagé partagé par les professionnels du tourisme, qui voient ce vote comme "un point de rupture avec les pouvoirs publics" , à l'instar de Roland Héguy, président de l'Union des métiers et des industries du tourisme (Umih). L'Umih dénonce notamment "la création" de deux taxes en deux jours "sans concertation" et regrette que l'annonce fasse réagir "plusieurs partenaires voyagistes étrangers" et "écorne l'attractivité" de la France.

Le ministère des Affaires étrangères désapprouve

La hausse du plafond de la taxe de séjour n'a pas été particulièrement bien accueillie par le Quay d'Orsay. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a souligné "sa très forte opposition" au projet, au motif qu'elle nuit à la compétitivité déjà faible du secteur touristique français.

Il n'est pas le seul. Fleur Pellerin, ministre du Tourisme, avait apporté son soutien aux professionnels du secteur qui souhaitaient monter au créneau contre cette mesure. Cela suffira-t-il à enterrer la mesure ? Dans le cas contraire, le nouveau plafond de la taxe de séjour sera appliqué au 1er septembre prochain.

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