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Société

Huit français sur dix estiment que leur pouvoir d’achat a baissé : "on compte, on fait attention pour tout"

jeudi 30 mars 2017 à 6:10 Par Richard Vivion, France Bleu Pays de Savoie

Selon une enquête publiée ce matin par l’Ipsos, huit français sur dix estiment que leur pouvoir d’achat a baissé au cours des dernières années et 81% disent faire attention à ce qu’ils dépensent. Un sentiment partagé par les habitués du marché du quartier de Seynod à Annecy.

Sur le marché de Seynod (commune d'Annecy), les badauds esitment aussi que leur pouvoir d'achat a diminué.
Sur le marché de Seynod (commune d'Annecy), les badauds esitment aussi que leur pouvoir d'achat a diminué. © Radio France - Richard Vivion

Ahlam se tient devant l’étal coloré de l’un des maraîchers du marché de Seynod (commune d’Annecy). "J’ai déjà acheté des aubergines, des poivrons, des tomates, de la coriandre, de la menthe et j’en ai déjà pour 13 euros", explique cette maman qui élève seule ses trois enfants. Comme huit français sur dix (selon l’enquête de l’Ipsos, voir plus bas), la jeune femme estime que son pouvoir d’achat a diminué. "On compte, c’est obligatoire, dit-elle. Je suis obligée de faire très attention pour le gaz, l’électricité, la nourriture…"

"Tout augmente, c’est fou"

Entre deux clients, un vendeur ambulant de fruits et légumes reconnait que "les gens achètent beaucoup moi. Avant ils prenaient des caissettes entières et aujourd’hui c’est au kilo, à la pièce. C’est tout." Dylan déambule dans les allées du marché avec son fils et dans la poussette, une petite fille âgée de six mois. "Tout augmente, la vie est plus chère chaque année ! C’est fou !", lâche ce papa. Il est actuellement sans emploi et son épouse gagne moins de mille euros par mois. "On a 1 500 euros pour vivre et avec les enfants, on n’y arrive pas. Impossible de mettre de l’argent de côté." Selon l’enquête de l’Ipsos, un tiers des français disent être dans le même cas.

REPORTAGE Le pouvoir d'achat et les français, l'avis des clients du marché de Seynod (Commune d'Annecy)

En pleine campagne pour l’élection présidentielle, la question du pouvoir d’achat est jugée importante par 56% des français. "Le problème, dit Ahlam, c’est que je n’arrive plus à faire confiance aux différents hommes politiques." "Moi, je ne sais même pas encore pour qui je vais voter", renchérit une mamie. "Ils sont loin des préoccupations des français", conclut Dylan.

ENQUÊTE SUR LE POUVOIR D’ACHAT DES FRANÇAIS (IPSOS, 1 005 personnes interrogées)

  • Le sentiment très majoritaire d’un pouvoir d’achat en baisse : 81% des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé au cours des dernières années, dont 45% qui estiment qu’il a beaucoup baissé. Ce sentiment est majoritaire au sein de toutes les catégories de population, et particulièrement fort chez les retraités (88%). Il touche toutes les catégories de revenus et toutes les sensibilités politiques (82% des sympathisants de gauche et 85% des sympathisants de droite).

  • Le sentiment de devoir faire attention à toutes les dépenses : lorsqu’ils font leurs courses alimentaires, 81% des Français font attention à ce qu’ils dépensent. Parmi eux, plus d’un Fran-çais sur trois font les courses à 5€ près ou moins (37% ; 51% des ouvriers). Ces Français parti-culièrement attentifs aux montants de leurs dépenses sont surreprésentés parmi les électorats de Jean-Luc Mélenchon (43%) et Marine Le Pen (46%). Seul un tiers des Français déclare parvenir à mettre de l’argent de côté à la fin du mois (35%). Ces Français épargnants sont particulièrement surreprésentés au sein de l’électorat d’E. Macron (57%, contre 33% pour l’électorat de F. Fillon et 37% pour B. Hamon). La majorité parvient juste à boucler son budget (45%), vit en partie sur ses économies (11%) ou même à découvert, grâce à un ou plusieurs crédits (9%). Ces Français dans le rouge (vivant sur leurs économies ou à découvert), s’ils sont sous-représentés au sein de l’électorat Macron (9%), ne sont en revanche guère surreprésentés au sein de l’électorat de Marine Le Pen (23%) ou de Jean-Luc Mélenchon (23%). On observe en effet une proportion équivalente de Français en difficultés au sein de l’électorat de Benoît Hamon (21%) et de F. Fillon (21%).

  • Le pouvoir d’achat, un thème important dans la campagne électorale. Sans surprise compte tenu des difficultés qu’ils disent éprouver, les Français considèrent que le pouvoir d’achat doit occuper une place prépondérante dans la campagne : 37% jugent que ce thème doit avoir une place prioritaire et 56% une place importante (des proportions comparables à ce qu’on observait sur le thème de la protection sociale, et bien plus élevées que pour la question de la laïcité et des religions). Seulement 7% considèrent que le pouvoir d’achat doit être une problématique secondaire. Les Français qui jugent que le thème doit être prioritaire sont surre-présentés au sein de l’électorat de Marine Le Pen (45%), à un niveau équivalent au sein de l’électorat Fillon (38%) et Macron (37%) et légèrement en deçà au sein de l’électorat de B. Hamon (32%) et de J-L Mélenchon (34%) ;

Fort de sa dynamique positive dans l’opinion, c’est à Jean-Luc Mélenchon que l’on fait le plus confiance pour faire les bonnes propositions en matière de pouvoir d’achat (43%), devant Emmanuel Macron (38%), Benoît Hamon (34%), Marine Le Pen (28%) et François Fillon (20%). Sa proposition d’augmenter le SMIC mensuel d’au moins 10% (+16% pour J-L Mélenchon ; +10% pour B. Hamon) recueille d’ailleurs l’approbation de 82% des Français. Sa proposition de revaloriser le salaire des fonctionnaires est moins largement validée (57% des Français l’approuvent néanmoins).

Parmi les mesures les mieux accueillies figurent deux mesures mises en avant par Marine Le Pen -entre autres- : la baisse des impôts de 10% pour les 3 premières tranches (83%) et le réta-blissement de la défiscalisation des heures supplémentaires (82%). Cette dernière mesure est majoritairement approuvée quelle que soit l’intention de vote déclarée pour le premier tour de l’élection présidentielle, même si l’électorat de B. Hamon y est moins favorable que celui de J-L Mélenchon (66% contre 78%), d’Emmanuel Macron (80%), de Marine Le Pen (88%) ou de François Fillon (95%). La prime de pouvoir d’achat pour les revenus inférieurs à 1500€ par mois, financée par une taxe sur les importations et proposée elle aussi par Marine Le Pen est également approuvée par deux tiers des Français.

L’augmentation de la prime d’activité (anciennement RSA d’activité) perçue en complément d’un revenu, proposée par E. Macron, recueille quant à elle l’approbation de 52% des Français (50% de son électorat, et de manière intéressante davantage par l’électorat de Benoît Hamon : 74%).

La proposition phare de Benoît Hamon consistant à mettre en place un Revenu Universel d’existence pour les adultes jusqu’à leur départ à la retraite n’est approuvé que par une minori-té de Français (40% ; mais 72% au sein de son électorat et 65% au sein de celui de J-L Mélen-chon). Il ne suscite en revanche l’approbation que de 32% de l’électorat d’E. Macron et 16% de celui de Fillon, davantage chez Marine Le Pen (36%). Sans grande surprise, il est surtout approuvé par les personnes aux revenus modestes (54% de ceux dont le revenu mensuel net du foyer est inférieur à 15000€, l’approbation étant minoritaire au-delà de cette tranche).

Enfin, deux des propositions économiques phares de François Fillon sont parmi les moins ap-prouvées : seuls 32% des Français sont favorables au rétablissement des allocations familiales pour toutes les familles, quelles que soient leurs ressources financières (39% au sein de son électorat) et 24% à l’augmentation de deux points du taux de TVA normal, quand bien même la finalité de la mesure était explicitée (faire que la consommation finance le système social). Cette proposition est revanche saluée majoritairement par son électorat (53%), mais ne suscite pas l’approbation au-delà de ce socle.