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"Il faut être passionné" : dans le Pays d'Auge, elles sont devenues agricultrices après des vies parisiennes

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu

Deux néo-agricultrices ont repris une ancienne ferme à Gonneville-en-Auge, près de Merville-Franceville, après des carrières dans la pub et la finance. Un rêve qu'ont fait beaucoup de travailleurs de bureau des grandes villes avec le confinement. Mais changer de vie, ce n'est pas si facile que ça.

La devanture de la ferme de Claire et Gaëlle, à Gonneville-en-Auge.
La devanture de la ferme de Claire et Gaëlle, à Gonneville-en-Auge. © Radio France - Marc Bertrand

Le nom de l'exploitation de Claire et Gaëlle, "GonneGirls", s'affiche en grand sur le mur de la ferme pour être visible depuis la route, à Gonneville-en-Auge, entre Caen et Merville-Franceville. Quand on fait de la vente directe à la ferme, c'est pratique pour attirer les curieux de passage. Des serres maraîchères, 250 poules pondeuses, un gîte, et une boutique pour vendre la production sans intermédiaires : les deux trentenaires ont réalisé le rêve qui a traversé l'esprit d'une bonne partie des travailleurs de bureau des grandes villes, durant le premier confinement. A savoir, tout plaquer pour un retour à la terre.

Elles travaillaient dans la pub, ou la finance à Paris

Claire, sud-africaine naturalisée française, a travaillé dans la publicité dans la capitale pendant des années. Gaëlle, originaire de Lisieux, était dans la finance à Paris, même si elle touchait à l'achat de produits agricoles. C'est lors d'une soirée arrosée en 2016 qu'elles prennent la décision de changer de voie, pour devenir agricultrices. Elles vivent aujourd'hui avec leur familles respectives, chacune dans une maison attenante à la ferme qu'elles ont repris à Gonneville-en-Auge.

Les gens qui viennent nous voir en nous disant : moi je n'en peux plus de Paris, je leur dis que si l'objectif est d'avoir une vie plus coole, ils n'ont pas tapé à la bonne porte

Mais ça n'a pas été si facile que ça en a l'air. La ferme a commencé son exploitation en avril 2020, après quatre ans de travail : "Il a fallu obtenir les terres, et ça a pris du temps. On a aussi beaucoup voyagé pour se former et déterminer quel modèle serait le meilleur pour s'en sortir. On a beaucoup appris des concepts britanniques, le fait de commencer petit et ne pas trop investir par exemple, et l'importance d'avoir un débouché pour commercialiser sa production", explique Gaëlle.

"C'est beaucoup de travail, et il faut être passionné"

"Les gens qui viennent nous voir en nous disant : moi je n'en peux plus de Paris, je leur dis que si l'objectif est d'avoir une vie plus coole, ils n'ont pas tapé à la bonne porte", sourit Gaëlle, qui a gardé des connaissances à Paris, dans son ancienne vie. "Moi j'ai deux petits enfants qui ont 6 et 2 ans et ça a été très compliqué de concilier la vie familiale et la ferme, surtout que mon conjoint n'est pas là une partie de la semaine. C'est beaucoup de travail, et il faut être passionné pour le faire, aimer être dehors et faire un travail physique."

L'autre obstacle, c'est l'argent : "Il faut pouvoir se payer, et c'est un travail qui ne paie pas beaucoup", avoue Gaëlle. "On a fait une première année sans se payer en 2020, aujourd'hui pour cette année, l'objectif est de sortir un Smic chacune". La vente à la ferme, en vente directe, a connu beaucoup de succès avec le premier confinement et permis de leur constituer une clientèle. Aujourd'hui, elles vont investir 96.000 euros pour créer une unité de transformation dans la ferme, afin de commercialiser des bocaux de légumes ou de fruits, des confitures ou du miel emballé.

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