Société

"Il faut plus d'ouverture" après Charlie, pour ces jeunes d'un quartier de Poitiers

Par Marie-Coralie Fournier, France Bleu Poitou jeudi 7 janvier 2016 à 7:00

Le quartier des Couronneries est connu pour sa diversité
Le quartier des Couronneries est connu pour sa diversité © Maxppp - D. Bordier

"Mieux vivre ensemble" : ce terme a été scandé dans les rassemblements républicains de janvier 2015, après les attentats contre Charlie Hebdo. Un an après, sommes-nous passés à l'acte? Réponses des jeunes de la MJC Aliénor d'Aquitaine, dans le quartier des Couronneries à Poitiers.

Ils se retrouvent chaque mardi soir pour jouer au football, dans le gymnase Aliénor d'Aquitaine, au coeur des Couronneries à Poitiers : ça fait partie des animations encadrées par la MJC pour les jeunes du quartier. Ce soir-là, des garçons de 16 à 20 ans tapent le ballon. En attendant leur tour sur le banc, certains débattent, un an après l'attaque contre le journal Charlie Hebdo.

"Je suis Français, je suis Charlie" affirme Abdoul, _"ça veut dire qu'on est tous ensemble!". Mais François en revanche "ne se sent pas Charlie. Ce qui s'est passé, ça ne m'atteint pas" explique-t-il. D'autres lancent, hors micro, qu'il "fallait tous être Charlie, même si on n'aimait pas les caricatures de Mahomet!"_.

Des progrès à faire pour mieux vivre ensemble

Ils dénoncent la stigmatisation, les amalgames parfois entre musulmans et djihadistes. Leur animateur, Aziz Masrour, regrette lui que les médias aient noté l'absence de ces jeunes dans les rassemblements républicains. Pour lui, ça va à l'encontre du vivre ensemble : _"Il faut insister, à l'école et ailleurs, pour avoir plus d'ouverture et de liberté, et ça c'est l'affaire de tous!". _La liberté de manifester, de suivre ou pas le mouvement.

Sécurité renforcée

Dans le quartier, ce qui a changé depuis un an, c'est le renfort policier : "c'est tranquille, ils sont partout" confie Aïk, 19 ans, face aux multiplications des patrouilles, avec l'état d'urgence.

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