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"Il faut qu'on se donne les moyens d'accompagner les victimes d'inceste" (Ghislaine Pieux, victime)

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Par , France Bleu Auxerre

Des milliers de témoignages déferlent ces jours-ci sur les réseaux sociaux à propos de l’inceste. Cette libération de la parole est vue avec satisfaction par Ghislaine Pieux, victime d’inceste dans son enfance, devenue éducatrice et adjointe au maire de Sens (Yonne) et engagée auprès des victimes.

Le mouvement #metooinceste provoque des milliers de témoignages de victimes sur les réseaux sociaux, pour faire tomber le tabou de l'inceste dans la société française
Le mouvement #metooinceste provoque des milliers de témoignages de victimes sur les réseaux sociaux, pour faire tomber le tabou de l'inceste dans la société française © Radio France - Renaud Candelier

Des milliers de témoignages déferlent ces derniers jours sur les réseaux sociaux à propos de l’inceste (#metooinceste). Ils font suite au livre de Camille Kouchner accusant son beau-père, le politologue Olivier Duhamel d’agression sexuelle sur son frère. D’après un sondage Ipsos, réalisé au mois de novembre 2020, un français sur dix aurait été victime d’inceste.

Violée par son père jusqu'à l'âge de quatorze ans

C'est en tout cas ce qu'a subi dans son enfance, Ghislaine Pieux. Elle en a déjà témoigné à de nombreuses reprises et le dit sans détour : "j'ai été victime d'inceste de l'âge de six ans à quatorze ans. Mon père en était l'auteur. J'ai été victime de viols et d'agressions sexuelles."

"Nous étions trois filles et les trois ont été victimes" - Ghislaine Pieux

Ghislaine Pieux, aujourd'hui éducatrice spécialisée, a aidé des victimes d'inceste dans leur libération de la parole
Ghislaine Pieux, aujourd'hui éducatrice spécialisée, a aidé des victimes d'inceste dans leur libération de la parole -

Une justice difficile à rendre pour les victimes

Celle qui est devenue malgré ce traumatisme éducatrice spécialisée, sportive de haut niveau et adjointe au maire de Sens, estime qu’il y a encore un gros travail à faire pour reconnaître les victimes : "je n'étais pas seule à être victime, nous étions trois filles et toutes les trois avons été victimes. Mon père a été condamné en 2001 à sept ans de prison. Pour trois victimes, ce n'est pas cher payé. Et il est sorti au bout de trois ans. Donc c'est vrai que c'est compliqué de comprendre, parce que nous on vit cela à vie. Moi, j'ai réussi à me reconstruire en majorité mais je n'ai pas réussi à construire de famille."

"Est-ce qu'il faut condamner plus sévèrement ? Je ne sais pas. Mais il faut plus de moyens pour accompagner les victimes" - Ghislaine Pieux

Pas assez de moyens pour accompagner

Pourtant Ghislaine Pieux ne souhaite pas forcément une aggravation des peines pour les auteurs : "j'aimerais mieux qu'on se donne des moyens financiers, qu'on établisse des structures dans chaque département. En Bourgogne, il y a des structures qui existent, mais c'est à Dijon. J'aimerais qu'à Sens et Auxerre on ait des lieux d'accueil dignes de ce nom, pour avoir un accompagnement juridique de la victime et un suivi psychologique adapté à la personne." Elle plaide aussi pour qu’il n’y ait pas de limite de temps dans les poursuites judiciaires. Même si plusieurs décennies après, les preuves sont souvent difficiles à obtenir. Aujourd'hui la prescription pour engager des poursuites est de 30 ans (après la majorité de la victime).

"Notre mère le savait, elle a toujours protégé notre père. Et elle l'avait dit à des voisins qui étaient très mal avec cela." - Ghislaine Pieux

Une loi qui pourrait évoluer

Parmi les évolutions que pourrait faire la société pour briser ce tabou, une proposition de loi sera présentée au Sénat jeudi 21 janvier. Elle a été cossignée par la sénatrice UDI de l’Yonne, Dominique Verien. Voici ce qu’elle propose.

"Décider que c'est un crime pour un adulte, d'avoir une relation sexuelle avec un mineur de moins de treize ans" - Dominique Vérien

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