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Société

Illettrisme : "Un combat de tous les jours" raconte Sandrine

mardi 11 septembre 2018 à 20:53 Par Romain Dézèque, France Bleu Gironde

Les Journées nationales d'action contre l'illettrisme se déroulent du 8 au 15 septembre. Près de Cadillac en Gironde, Sandrine a accepté de témoigner, de raconter les difficultés liées à son handicap qui touche plus de deux millions de personnes en France.

Sandrine, 46 ans, suit une formation depuis plusieurs mois afin de retrouver un peu plus d'autonomie.
Sandrine, 46 ans, suit une formation depuis plusieurs mois afin de retrouver un peu plus d'autonomie. © Radio France - Romain Dézèque

Cadillac, France

Sandrine a toujours su qu'elle avait des problèmes avec l'orthographe, sans pour autant mettre un mot sur son handicap.  C'est après la naissance de sa fille qu'elle comprend : "Quand j'ai aidé ma fille à faire ses devoirs, c'est là que c'est devenu problématique. La maîtresse m'a convoquée pour me dire d'arrêter car je ne lui disais que des bêtises. Ça a été très dur pour moi." L'enseignante lui ouvre les yeux sur son illettrisme. L'origine de ce trouble, sans doute, vient de la disparition de sa mère, alors qu'elle était âgée d'un an. 

Sa scolarité, marquée par sept redoublements, s'est arrêtée en cinquième, "j'étais systématiquement mise au fond de la classe" se souvient-elle. Elle a ensuite suivi plusieurs apprentissages, sans parvenir à remonter la pente. Sa vie d'adulte ? "Un combat de tous les jours" dit-elle, ne serait-ce que pour faire une liste de courses. "Là je veux passer mon permis moto et pour obtenir mon code, c'est la cata ! C'est très difficile pour moi, je me noie !" constate-t-elle. 

Des métiers manuels

Mais le plus dur, c'est le monde du travail et "le regard des autres". Sandrine a dû trouver des métiers manuels, "dans les vignes, la manutention, etc". Après avoir été femme de chambre, commis de cuisine, elle est aujourd'hui auxiliaire de vie. "Mais c'est très difficile, on doit tenir compagnie à une personne, on doit lui lire les journaux, le courrier, faire les correspondances avec les médecins ou les infirmières... c'est un supplice parfois." Elle a subit reproches et brimades au cours de sa carrière, elle aimerait aujourd'hui que les personnes qui tiennent ce genre de propos "tendent la main" à ceux qui souffrent d'illettrisme.  

J'ai voulu m'en sortir !"

Mère de 3 enfants, elle ne cache plus son handicap : "Ça ne sert à rien ! Parce qu'on le voit, par mon comportement, mes attitudes, on sait qu'il y a quelque chose qui cloche. Par moment c'est très très dur mais il faut savoir aussi demander de l'aide. C'est le plus difficile. On pense beaucoup à ce que les autres pensent de nous au lieu de penser à soi-même. La vie est suffisamment compliquée pour qu'on se rajoute des barrières. J'avais honte de ce que j'étais, je n'avais aucun bagage... mais j'ai voulu m'en sortir !" Sandrine suit, depuis un an et demi, des formations au sein de l'Orfie (Organisme de reclassement, formation et insertion par l’économie, basé dans le Sud-Gironde). Elle se sent plus à l'aise maintenant et retrouve, peu à peu, une plus grande autonomie.