Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus Covid-19

Illkirch : cluster dans un foyer pour adultes handicapés, des soignants dénoncent l'abandon de leur direction

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

Depuis la semaine dernière, 22 résidents sur la cinquantaine que compte l'AIPAHM, établissement pour adultes handicapés d'Illkirch, ont été testés positifs au coronavirus. Les professionnels restants, en sous-effectif, disent avoir été laissés sans consignes ni soutien de leur direction.

L'entrée du foyer d'accueil médicalisé (FAM) de l'AIPAHM d'Illkirch, d'où est parti le cluster
L'entrée du foyer d'accueil médicalisé (FAM) de l'AIPAHM d'Illkirch, d'où est parti le cluster - Document remis

"Ça fait une semaine que j'ai du mal à me regarder dans le miroir", confie cet aide-soignant, "on est maltraitants malgré nous" : 22 résidents sur la cinquantaine d'adultes handicapés mentaux qu'accueille l'AIPAHM (Association illkirchoise de parents et amis de handicapés mentaux) ont été testés positifs au coronavirus depuis le 15 mars dernier. Sur place, les soignants restants dénoncent l'abandon de leur direction. 

L'état des résidents est "alarmant"

Les traits tirés sous son masque et malgré ses années d'expérience, cet aide-soignant est à bout : "On n'arrête pas de courir, certains résidents n'ont pas encore mangé à 11 heures, d'autres baignent dans leur urine et on n'a même pas le temps de leur brosser les dents." 

Il dit avoir été laissé sans directives ni protocole de la part de sa direction, se retrouvant en sous-effectif sur place avec une charge de travail multipliée par trois :  "Les personnes handicapées mentales ont d'autant plus besoin de patience, de rituels et on est obligés de les maltraiter malgré nous", déplore-t-il.

Une version confirmée par l'une de ses collègues qui travaille comme aide médico-psychologique (AMP) : "On a fait les transmissions (réunions) entre nous, nos supérieurs n'étaient pas là pour nous expliquer comment ça allait se passer. On a fait comme on a pu." Une situation qui ne lui a pas permis de faire son travail d'accompagnement auprès des résidents : "J'ai eu l'impression d'être malveillante envers eux, je n'ai pas eu du tout le temps de les voir."

En tout, 19 soignants ont été testés positifs au coronavirus. Parmi les résidents touchés, neuf ont été hospitalisés d'urgence.

La direction réfute toute mauvaise gestion

Contactée par France Bleu Alsace, la direction réfute toutes les accusations portées, affirme avoir embauché des renforts dès le début du cluster et donné des consignes claires. "Nous sommes dotés de directives, de renfort RH, de dotations de matériels pour assurer un accompagnement auprès des résidents", répond-elle, "ces propos sont inacceptables et irrespectueux envers le personnel engagé et investi. 

Pour Carole, éducatrice depuis plus de 30 ans et déléguée CFDT, la situation explose aujourd'hui, avec le cluster, mais elle est le résultat d’années de malaise : "C'est une ingérence et une incompétence tout simplement. Et là on met les résidents en danger. Nous avons déjà alerté le département, l'ARS, l'inspection du travail, la médecine du travail... Il faut que ça s'arrête." 

Des alertes également envoyées par plusieurs familles, malgré la crainte clairement exprimée des retombées. L'Agence régionale de santé et la Collectivité européenne d'Alsace, compétentes sur cet établissement, ont demandé la réalisation d’une expertise sur les risques psycho-sociaux par un organisme extérieur, et exigé la présentation puis la mise en œuvre d’un plan d’actions complet en conséquence.

Fin 2020, environ 80% du personnel de l'AIPAHM avaient déjà fait grève et manifesté avant l’assemblée générale annuelle pour alerter sur leur mal-être.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess