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Commémorations : 76 ans après le massacre du pont Lasveyras, le souvenir des familles est toujours vivant

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Périgord

La secrétaire d'état Geneviève Darrieussecq vient commémorer ce dimanche le 76ème anniversaire du massacre du pont Lasveyras, près de Lanouaille. Le 16 février 1944 les Allemands avaient fusillé 34 réfractaires au STO et en avaient déporté 12. Les familles n'ont pas oublié

Hubert Farout, Edith Bossavit et Eliane Ravidat entretiennent la mémoire des victimes du pont Lasveyras.
Hubert Farout, Edith Bossavit et Eliane Ravidat entretiennent la mémoire des victimes du pont Lasveyras. © Radio France - Chloé Martin

Ils ont reçu cette histoire en héritage et tiennent à honorer ce devoir de mémoire. Edith Bossavit, Eliane Ravidat et Hubert Farout font partie des familles des victimes du pont Lasveyras. 76 ans après le massacre, ils entretiennent le souvenir, notamment grâce à l'association AFAV (Amicale des Familles et Amis des Victimes du pont Lasveyras). 

Le 16 février 1944, 49 hommes ont été pris au piège par des soldats allemands. Âgés de 18 à 25 ans, ils avaient refusé de faire le STO, le service de travail obligatoire, imposé par le régime nazi pendant l'Occupation, et s'étaient réfugiés au moulin de Payzac, au croisement de la Dordogne, la Corrèze et la Haute-Vienne.  34 jeunes réfractaires ont été exécutés sur place, deux ont fui par la rivière, un a survécu et douze ont été faits prisonniers et déportés (cinq ne sont pas revenus des camps)

"Je ne l'ai pas reconnu"

"J'ai appris à l'école primaire la tragédie, se souvient Edith Bossavit, alors âgée de neuf ans. De retour chez moi, mes parents étaient au courant, affolés. Tout le monde pleurait". Son frère, Alexandre, fait partie des prisonniers. "Nous sommes restés un mois sans nouvelle. Il a été emprisonné à Limoges, puis dirigé sur Compiègne d'où il a écrit la lettre pour nous rassurer. Puis il a fait Sarrebruck, un camp de triage, avant d'être _dirigé sur le camp de Mauthausen_."

Alexandre Bossavit est resté treize mois au camp. Il revient dans la maison familiale de Lanouaille le 13 juin 1945. "Je ne l'ai pas reconnu. Il pesait 35 kilos... ", raconte sa sœur, aujourd'hui âgée de 85 ans. S'installe ensuite le silence. "Il ne voulait pas en parler. Je crois que c'était trop difficile pour lui de raconter. Son fils me disait qu'il en rêvait toutes les nuits, avec des cris, des cauchemars qui revenaient."

Alexandre Bossavit a survécu à la déportation.
Alexandre Bossavit a survécu à la déportation. - AFAV

"On ne parlait que de lui, c'était le héros"

Eliane Ravidat se souvient également d'Alexandre, son oncle par alliance : "Il venait souvent à la maison. A chaque fois, on était à l'écoute mais il ne parlait pas. On posait des questions, mais il éludait, il racontait autre chose ou faisait une blague". Elle a grandi dans le respect de cet oncle, érigé comme modèle. "Lorsque nous étions petits, il nous arrivait parfois de faire la fine bouche sur certains plats. Maman nous disait toujours "tu sais, Alexandre lui n'aurait pas fait la fine bouche, il aurait beaucoup aimé""

Si Hubert Farout n'a jamais connu son oncle, il a toujours grandi avec son histoire. A tout juste 20 ans, Adrien Farout est le premier à tomber sous les balles des Allemands. "J'en ai tout le temps entendu parler, même quand j'étais dans le ventre de ma mère. On ne parlait que de lui, c'était le héros", se rappelle celui qui perpétue désormais sa mémoire. "J'étais tout petit quand mon père m'a amené sur place. Il m'a montrer l'endroit où il l'avait trouvé. Il l'avait reconnu grâce à ses vêtements, parce qu'il avait la tête complètement fracassée. Il aurait reçu onze balles de mitrailleuse dans la tête"

Adrien Farout est mort à 20 ans sur le pont Lasveyras.
Adrien Farout est mort à 20 ans sur le pont Lasveyras. - AFAV

Honorer le devoir de mémoire

"Il me semble que le pont Lasveyras était hier, tellement ce massacre nous a tous traversés", explique, émue, Edith Bassovit. 76 ans après le massacre, les trois Lanouaillais continuent donc d'honorer le devoir de mémoire. "Il faut qu'on le fasse savoir, parce qu'on ne veut pas que ça se reproduise", ajoute Hubert Farout. La passation continue chez les plus jeunes générations. Les trois petits-enfants d'Edith Bossavit sont même passionnés par l'histoire de leur grand-oncle et se rendent régulièrement au pont Lasveyras. 

Jean-Claude Bellarbre, historien, explique en quoi le massacre du pont Lasveyras a encore une résonance particulière aujourd'hui.

Ce dimanche, la secrétaire d'Etat aux Armées, Geneviève Darrieussecq participe aux commémorations à partir de 15h au Moulin du pont Lasveyras, situé sur les bords de l’Auvezère, entre Payzac (en Dordogne) et Beyssenac (en Corrèze).

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