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Société

Ils fleurissent les tombes des plus démunis

lundi 30 octobre 2017 à 5:02 Par Morgane Heuclin-Reffait, France Bleu Armorique et France Bleu

Ce mardi, le collectif Dignité Cimetière organise comme chaque année une cérémonie pour rendre hommage aux personnes sans ressources dont ils ont fait l'enterrement. C'est tout au long de l'année que les bénévoles entretiennent ces tombes.

Cette année, 23 personnes ont été enterrées par le collectif Dignité Cimetière
Cette année, 23 personnes ont été enterrées par le collectif Dignité Cimetière © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Rennes, France

Cela fait bientôt vingt ans que Patrick Galène, membre fondateur du collectif Dignité Cimetière, va chaque semaine au cimetière de l'est à Rennes, pour nettoyer et fleurir les tombes de ceux qui sont décédés alors qu'ils vivaient dans la rue, en situation de précarité, ou encore en prison. "Souvent les copains me disent que je suis marié avec le cimetière, plaisante-t-il. Mais je viens pour voir si les choses sont faites. L'année dernière on en a enterré quand même 17, et cette année on en est déjà à 23". Âge moyen des défunts : "entre 46 et 49 ans".

Enterrer les plus démunis dignement

Comme une quarantaine de membres du collectif, Patrick a lui-même été SDF pendant 16 ans. Créer une structure pour enterrer dignement ceux qui n'en ont pas les moyens sont en rupture avec leurs familles s'est imposé :

Nos amis nous disaient : nous, on a pas de sous, et on est enterrés sous un tas de terre avec un numéro, c'est dégueulasse. On s'est dit que c'était indigne.

Le collectif organise donc les enterrements avec l'aide de la mairie. Les défunts sont ensuite inhumés sous une dalle en granit polie, où sont inscrits leurs noms et prénoms. Des croix blanches ou de simples stèles triangulaires pour les non croyants surplombent l'ensemble : "quand les gens voient des croix blanches ou des triangles, ils se disent que c'est tous ceux qui n'ont pas d'argent. Mais c'est mieux qu'avant, parce qu'avant on leur marchait dessus, on ne les voyait pas car il n'y avait pas de tombes", explique Patrick Galène.

Patrick et René, membres du collectif, ont enterré cette amie récemment. D'ici quelques semaines, elle aura une pierre tombale digne de ce nom - Radio France
Patrick et René, membres du collectif, ont enterré cette amie récemment. D'ici quelques semaines, elle aura une pierre tombale digne de ce nom © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Ne pas laisser les tombes à l'abandon

Les morts dont s'occupe le collectif sont souvent en rupture avec leurs proches, isolés ou sans personne dans leur entourage pour payer la tombe. Pour la Toussaint, une cérémonie spéciale est prévue ce mardi à 16h30 : "ils auront tous une petite coupelle pour bien marquer qu'à la Toussaint comme le reste de l'année, on ne les oublie jamais" explique Patrick.

Les bénévoles se relaient pour nettoyer les tombes. Parfois, il s'agit d'amis proches, en situation précaire, décédés récemment. - Radio France
Les bénévoles se relaient pour nettoyer les tombes. Parfois, il s'agit d'amis proches, en situation précaire, décédés récemment. © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

"On vient régulièrement pour fleurir les tombes, les nettoyer", ajoute René, membre du collectif depuis deux ans. Pour lui, cet engagement n'est pas anodin. Il a passé quatre ans à la rue lorsqu'il est revenu de son service militaire, il y a trente-cinq ans, mais les souvenirs de cette période sont toujours vivaces.

J'aimerais être enterré comme les copains, que les amis du collectif viennent sur ma tombe même si je ne serai plus là pour les voir