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Société

Ils n'arrivent pas à adopter et écrivent une lettre au président de la République

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Par , France Bleu Nord, France Bleu

A Croix, dans la métropole lilloise, un couple qui aimerait adopter une enfant a décidé d'interpeller Emmanuel Macron dans une lettre ouverte. La procédure lancée par ces Nordistes auprès du département il y a deux ans, ne progresse pas. Ils dénoncent le manque de moyens des services sociaux.

Cyril et Erwan Jesson-Ripoll ont lancé une procédure d'adoption il y a deux ans et attendent sans nouvelle.
Cyril et Erwan Jesson-Ripoll ont lancé une procédure d'adoption il y a deux ans et attendent sans nouvelle. © Radio France - Hélène Fromenty

Croix, France

Ils sont en colère et s'adressent directement au président de la République. A Croix, dans la métropole Lilloise, Cyril et Erwan Jesson-Ripoll, tous les deux âgés de 48 ans, souhaitent adopter un enfant depuis plusieurs années mais n'y parviennent pas. Selon eux, les services d'aide à l'enfance manquent de moyen pour faire aboutir ce type de procédure et permettre à des jeunes sans famille de trouver un foyer. Au mois d'octobre, ce couple a donc décidé d'écrire une lettre ouverte à Emmanuel Macron. "Ce courrier c'est le résultat de la situation totalement ubuesque dans laquelle nous sommes, résume Erwan. Nous sommes dans l'incompréhension totale : nous nous trouvons peut-être tout près d'enfants que l'on pourrait potentiellement adopter, mais cette connexion ne se fera sans doute jamais faute de ressources."

Pourtant, ils pensaient les choses bien parties. Le couple, marié en 2014, a lancé la procédure d'adoption il y a deux ans. "On est prêts à accueillir chez nous deux enfants, entre 6 et 11 ans. Au départ, on nous a même dit que ça pourrait aller vite car ce n'est pas la tranche d'âge la plus demandée."

En réalité, Erwan et Cyril attendent toujours : l'été dernier, après 19 longs mois, ils ont bien obtenu l'autorisation (on parle d'agrégation) d'adopter, mais depuis plus rien. "On s'est rapproché des services d'aide à l'enfance ce qu'on devait faire. On nous à répondu et depuis, plus de nouvelle". 

Manque de temps et burn-out

Une situation de flou difficile à vivre pour eux qui souhaiteraient fonder une famille, mais ils pensent aussi et surtout aux enfants sans parents, des pupilles de l'Etat qui attendent également dans un foyer, ou dans une famille d'accueil . "J'ai cherché des chiffres et en 2014, le département du Nord nous a indiqué qu'il y avait 380 enfants potentiellement adoptables, assure Cyril. On dirait que l’intérêt de ces enfants a complètement disparu. Il y a quelque chose qui ne va pas !" 

Ce qui manque selon eux, c'est du temps et de l'argent dans les services sociaux. "On se rend compte que des personnels sont en burn-out, que certains n'arrivent pas à gérer tous les cas qu'ils ont a suivre, affirme Erwan. Et quand on entend les gens dire "moi je m'en vais, car j'en ai marre de faire du chiffre plutôt que de m'occuper d'enfants", ce que nous avons clairement entendu, je trouve ça dingue." 

D'après eux, avec plus de ressources, les fonctionnaire de l'aide social à l'enfance pourraient par exemple préparer les enfants à l'adoption, "étape indispensable" pour qu'il rejoignent une famille. 

"Le bien de l'enfant"

Dans son courrier, le couple ne jette pas la pierre à ces "personnels en souffrance" et ils ne demande pas non plus au chef de l'Etat de trouver une solution à leur dossier. "On veut seulement qu'il prenne conscience de la réalité des choses et qu'il débloque les ressources nécessaires pour prendre en compte la sécurité et le bien de l'enfant. Par exemple, dans de nombreux pays, il existe des bases informatiques centralisées pour gérer les procédures d'adoption."  

Pour l'instant, ils n'ont pas reçu de réponse d'Emmanuel Macron. "Nous ne savons même pas s'il a lu la lettre. Avec le mouvement des gilets jaunes, ce n'est peut-être pas le meilleur moment pour se faire entendre. Ou peut-être que si finalement ? En tous cas, on va continuer ça c'est certain." 

Car pour eux, l'adoption est la seule option. "Pourquoi faire une GPA ou aller à l'étranger quand à 500 mètres de chez nous, des enfants ont peut-être besoin d'une famille ?"

Contacté, le conseil départemental du Nord n'a pas encore répondu à nos questions. 

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