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Société

Ils ont secouru les migrants en Méditerranée : "Ce sont des moments dont on se rappellera jusqu'au dernier jour"

lundi 28 mai 2018 à 3:47 Par Nelly Assénat, France Bleu Pays de Savoie

Les deux pilotes qui étaient partis repérer les embarcations de migrants en mer sont rentrés de leur premier vol humanitaire. Ils racontent à France Bleu Pays de Savoie une expérience marquante, intense et forte en émotions.

Les deux pilotes dans leur avion Colibri
Les deux pilotes dans leur avion Colibri - Copyright Isabelle.Serro - Tous Droits Réservés.

Ils se sont baptisés les "Pilotes volontaires". Il y a plusieurs semaines, deux pilotes originaires de Lyon et Chamonix ont lancé leur projet humanitaire pour venir en aide aux migrants qui tentent de traverser la Méditerranée à bord d'embarcations de fortune. A bord de leur avion "Le Colibri" financé à leurs frais, ils repèrent ces embarcations au large des côtes lybiennes et les signalent aux secours en mer qui peuvent ainsi intervenir rapidement avant un drame. 

L'avion Colibri - Aucun(e)
L'avion Colibri - Copyright Isabelle.Serro - Tous Droits Réservés.

Ils ont repéré plusieurs embarcations

Les deux pilotes viennent de rentrer en France. José Bénavente, le Lyonnais, et son copain de Chamonix, Benoît Micolon, ont passé quinze jours sur place.  Ils ont pu survoler deux jours de suite une zone située à 50 kilomètres au large de Tripoli en Libye et repérer plusieurs bateaux en détresse.

C'est ce genre d'embarcations de fortune que les pilotes tentent de repérer (archives) - Maxppp
C'est ce genre d'embarcations de fortune que les pilotes tentent de repérer (archives) © Maxppp -

► De retour de mission, José Bénavente raconte à France Bleu Pays de Savoie.

"Lorsqu'on voit les mains s'agiter pour nous interpeller, c'est très fort"-José Bénavente

Des visages qui les regardent et des mains qui s'agitent pour attirer leur attention

Le pilote se souvient par exemple"d'un bateau pneumatique de grand format, avec une centaine de personnes à bord, à la dérive depuis certainement de nombreuses heures". Parfois, ces embarcations sont en train d'être secourues, c'est un soulagement.

Nous avons repéré une embarcation qui nous laisse penser le pire...  - José Bénavente

En revanche, il ramène aussi des images très dures : "Nous avons repéré une embarcation qui nous laisse penser le pire... complètement immergée. On n'a pas trouvé de corps à proximité". 

On peut difficilement se préparer à ces situations même si on a vu des centaines de photos ou de reportages - José Bénavente

Ces pilotes sont des professionnels et ils savaient à quoi s'attendre en partant. Mais "on peut difficilement se préparer à ces situations même si on a vu des centaines de photos ou de reportages qui relatent ces événements". 

Ce sont des images qui marquent. "Lorsqu'on identifie ces bateaux pour la première fois, qu'on voit pour la première fois les visages des gens et les mains s'agiter, qui tentent de nous interpeller, c'est très fort. Il faut continuer à piloter la machine. Il ne s'agit pas de se laisser submerger par l'émotion, mais lorsqu'on rentre et qu'on débriefe, ce sont des moments dont on se rappellera longtemps, pour ne pas dire jusqu'au dernier jour".

L'appel aux dons continue

Grâce aux dons reçus ces dernières semaines, les "pilotes volontaires" savent qu'ils vont pouvoir prolonger l'opération pendant au moins trois mois. C'est justement ce été que les migrants vont prendre encore plus de risques. Avec les conditions météo qui s'améliorent, de plus en plus de bateaux vont tenter la traversée de la Méditerranée. 

Les deux aviateurs de l'humanitaire ont toujours besoin de dons pour poursuivre leur action. D'autres pilotes volontaires ont proposé de les relayer, José et Benoît examinent leurs candidatures.

Vous pouvez les aider et vous renseigner sur leur action en cliquant ici.