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Société DOSSIER : Mai-68

"Ils racontent mai 68 en Mayenne" | Épisode 4 - Le jour où le drapeau rouge a été hissé sur la mairie de Laval

jeudi 3 mai 2018 à 2:03 Par Martin Cotta, France Bleu Mayenne

50 ans après mai 1968, France Bleu Mayenne nous remémore cette période de bouleversement social. Aujourd'hui, place à une anecdote ou plutôt une image marquante. Le mercredi 22 mai, journée où un drapeau rouge est hissé sur la mairie de Laval à la place du drapeau français.

La place de la mairie de Laval dans les années 60
La place de la mairie de Laval dans les années 60 © Radio France - Photographe : Gaby

Laval, France

14 jours après la première manifestation de la classe ouvrière et agricole mayennaise, une ambiance étrange règne dans la ville de Laval. Les services publics tournent au ralenti et pour certains pas du tout. La mairie est fermée, occupée même par des grévistes, des militants communistes. Ce mercredi 22 mai, ils prennent leur quartier dans le bâtiment de la place du 11 novembre. 

"Ils voulaient se former en commando"

À quelques centaines de mètres d'ici des militants de l'UDR (l'Union des Démocrates pour la République), le parti gaulliste, sont réunis dans leur permanence de la rue de Verdun. Jacques Perrin, adjoint au maire et gaulliste arrive d'une ballade avec sa femme à la permanence. "J'entends depuis la fenêtre des vociférations violentes. Alors je monte à la permanence et demande aux militants ce qui se passe. Ils me répondent : mais t'as pas vu ? T'es pas au courant ? Ils ont accroché le drapeau rouge sur la mairie !" raconte Jacques Perrin. "Je vais donc sur le balcon et effectivement je vois le drapeau rouge accroché à la place du drapeau français ..." termine l'ancien adjoint. 

"Je vois le drapeau rouge accroché à la place du drapeau français"

Jacques Perrin tente de calmer ses collègues de l'UDR. Certains préparent des armes de fortunes. "Ils voulaient se former en commando. Ils prenaient des chaînes de vélos, des bâtons pour aller déloger les grévistes qui occupaient la mairie" continue l'homme. Pour éviter l'affrontement, Jacques Perrin se saisit alors d'un téléphone et appelle le Préfet de l'époque, retranché dans ses bâtiments non loin de la rue de Verdun. "Il me dit alors : je suis désolé monsieur Perrin, j'ai bien des CRS mais je ne peux pas vous les envoyer je les garde pour moi". Jacques Perrin appel donc le secrétaire général de la mairie de Laval. Ce dernier habite en fait dans la mairie, où se trouvent son logement de fonction, et il réussit à convaincre les grévistes d'enlever le drapeau rouge pour remettre le drapeau français. Le drame est évité. 

Les militants de l'UDR lors d'une manifestation de soutien à Charles de Gaulle à Laval (Jacques Perrin est à gauche, son écharpe tricolore à la taille) - Radio France
Les militants de l'UDR lors d'une manifestation de soutien à Charles de Gaulle à Laval (Jacques Perrin est à gauche, son écharpe tricolore à la taille) © Radio France - Photographe : monsieur de Villentroy / Collection Jacques Perrin

Francis Le Basser malade

1968 est une année de souffrance pour Jacques Perrin. D'abord parce que l'adjoint au maire ne supporte pas les reproches fait au Président de la République Charles de Gaulle et parce qu'à Laval il doit aussi gérer les affaires courantes avec d'autres adjoint en l'absence du sénateur-maire Francis Le Basser. "Il était malade, en cure thermale à Bain-les-Bains [dans les Vosges, ndlr]. On avait peu de communications avec lui, si bien que nous autres les adjoints devions se dépatouiller avec ce qu'il y avait. Quand il y avait un problème sur la voie publique c'était à nous de le régler. L'organisation du ramassage des ordures aussi, la gestion des cantines, des écoles, tout ce qui était en grève. J'avais une expérience de la vie publique assez restreinte à ce moment-là, donc autant vous dire que j'avais peur de faire des bêtises" raconte celui qui avait 44 ans en mai 1968.