Société

Ils rompent le jeûne dans les rues de Lorette

Par Benjamin Rieth, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu dimanche 12 juin 2016 à 1:54

Quelques personnes sont venues malgré l'interdiction
Quelques personnes sont venues malgré l'interdiction © Radio France - Benjamin Rieth

Une semaine après les messages polémiques du maire de Lorette, plusieurs musulmans ont décidé de rompre leur jeûne dès la tombée de la nuit près de l'hôtel de ville. Le maire a pourtant publié un arrêté municipal interdisant tout rassemblement sur la place.

Ils sont venus avec tout ce qu'il faut pour bien manger : un couscous, des pâtisseries et viennoiseries, du houmous, du pain et des boissons. Ils ne sont même pas une dizaine. De l'autre côté de la rue, des jeunes les observent : "C'était hier soir qu'il fallait venir !" La veille, le vendredi, ils étaient plusieurs dizaines dans la rue pour rompre le jeûne.

21h30, l'heure de rompre le jeûne - Radio France
21h30, l'heure de rompre le jeûne © Radio France - Benjamin Rieth

Tant pis, le petit groupe remet ça, malgré l'interdiction de rassemblement. "_Cet arrêté a fait peur à pas mal de mond_e", explique Sonia, une des participantes, "et pourtant, ce texte est illégal, on a demandé à un avocat". A peine installés sur un banc en pierre, des voitures de police commencent à arriver. En quelques minutes, il y a plus de policiers que de personnes venues manger. Les forces de l'ordre restent tout de même à l'écart, sans intervenir.

"Les cloches aussi font du bruit"

"Le ramadan véhicule des valeurs d'humanité, de justice, de paix, de fraternité", rappelle Sonia. Mais pour certains habitants de Lorette, c'est aussi une source de désagréments. Ils sont plusieurs à se plaindre du bruit le soir, les jeunes abuseraient des passages à scooter, des cris, etc..."'Après le coucher du soleil, comme on a été très calme, sans nourriture, on se rattrape un petit peu, un peu excités pour certains, plus en paix pour d'autres" admet Bouchra, venu rompre le jeûne et membre du CRI, coordination contre le racisme et l'islamophobie.

Mais pour Carmelo, un autre habitant de Lorette, ça ne justifie pas les messages du maire. "Les cloches font aussi de bruit quand elles sonnent", rappelle-t-il. En attendant le bruit des cloches du matin, le petit groupe finit son repas de l'autre côté de la rue. Celui-ci n'est pas concerné par l'arrêté municipal, et les jeunes acceptent de les y rejoindre pour boire une canette de soda ou de jus de fruit .