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Société

IMAGES - La démolition de la cité des 408 a commencé à Besançon

lundi 9 juillet 2018 à 22:46 Par Laurine Benjebria, France Bleu Besançon

Les habitants de la cité historique des 408 ont assisté ce lundi aux débuts de la démolition du premier bâtiment, le numéro 13 de la rue Brulard. Une démolition par "grignotage" qui va durer un an. Les ouvriers s'attaqueront ensuite aux deux autres barres. D'ici 2021, la cité ne sera plus.

La démolition par "grignotage" a débuté ce lundi pour le premier bâtiment, le numéro 13 de la rue Brûlard
La démolition par "grignotage" a débuté ce lundi pour le premier bâtiment, le numéro 13 de la rue Brûlard © Radio France - Laurine Benjebria

Besançon, France

La fin de toute une époque pour les habitants des 408 à Besançon. Les pelles ont commencé à détruire l'un des trois bâtiments ce lundi. Le numéro 13 de la rue Brulard tenait debout depuis les années 60, mais désormais il se fait grignoter par des mini pelles mécaniques. D'ici un an, il sera totalement détruit, ensuite ce sera au tour des deux autres barres. En 2021, la cité historique de Besançon aura disparu, elle ne renaîtra, sous une autre forme, qu'en 2030.

Une démolition par grignotage

Les travaux ont débuté en février, mais ils ne sont visibles que depuis quelques semaines. Après le désamiantage, une vingtaine d'ouvriers est sur place pour grignoter, écrêter le premier bâtiment, en forme triangulaire. Car ce sont des travaux de démolition qui se font petit à petit : d'abord le numéro 13, puis le 29, et enfin les 15-27. Un gros chantier qu'assure l'entreprise Eiffage Chastagner.

Cette opération de déconstruction  a débuté par le déshabillage de l'immeuble 13. Puis neuf pelles mécaniques, sur des nacelles, viennent grignoter la structure en béton par le haut de l'immeuble depuis ce lundi. Ces mini pelles ne sont utilisées que sur ce premier bâtiment, du fait de la proximité avec le centre commercial, qui reste ouvert. "Le reste de la démolition se fait de manière plus classique, avec une grosse machine" explique Bruno Chastagnier, directeur général de l'entreprise Eiffage Chastagnier, en charge de ces opérations. Cette grosse machine, une pelle de 120 tonnes, comporte un bras qui peut aller jusqu'à 32 mètre de haut.

Bruno Chastagner, directeur de l'entreprise Eiffage Chastagner, en charge des travaux

Les différentes phases de travaux - Aucun(e)
Les différentes phases de travaux - Ville de Besançon
Les différentes phases de travaux - Aucun(e)
Les différentes phases de travaux - Ville de Besançon

Ces opérations de destruction s'échelonnent "sur une petite année, entre huit et dix mois" assure Bruno Chastagner. La démolition totale coûte 9,5 millions d'euros. Quasiment tous les matériaux sont recyclés : le placo, le plâtre, les isolations, etc. Le béton est réutilisé pour combler le parking souterrain.

  - Radio France
© Radio France - Laurine Benjebria
  - Radio France
© Radio France - Laurine Benjebria

Des habitants très émus par la démolition

Pour les habitants, la démolition est un réel choc. Ce lundi, ils étaient une trentaine à s'afférer sur la place. Certains n'ont pu s'empêcher de verser des larmes. Mouchoir à la main, yeux rougis, Nora a dû mal à regarder les travaux. 25 ans qu'elle vit dans le quartier, elle y a grandit, alors le voir vide et détruit petit à petit la rend triste.

D'autres habitants ont pris des photos. C'est le cas d'Abdel qui vit ici avec ces deux enfants depuis 18 ans : "Depuis le premier jour, à chaque fois qu'ils enlèvent des fenêtres je prends des photos".

"Les 408, dans deux ans il ne restera que des souvenirs", Abdel

Sarah était jusque-là un peu dans le déni, mais en voyant les pelles s'activer, elle est obligée d'admettre que c'est la fin d'une époque. Elle se souvient de ce quartier comme d'un "cocon" qu'elle a dû quitter en 2016, avec regret et nostalgie. 

Les habitants des 408 très émus face à la démolition du premier bâtiment

  - Radio France
© Radio France - Laurine Benjebria

Malika habite les 408 depuis 42 ans, alors des bons souvenirs de ce quartier dit difficile, elle en a plein. "Les enfants qui jouent, les mamans qui s'assoient sur les bancs", Malika se souvient de la place comme un lieu de vie. Pour elle, les voisins formaient une famille, "on fêtait la fête des voisins, on avait des soirées couscous, on fêtait les mariages, c'était bien", se remémore Malika. Mais depuis ce lundi, les ouvriers ont remplacé les enfants et les mamans. Ces travaux, ils font pleurer Malika. 

"Ca fait vraiment mal de voir ça tout vide, il n'y a plus rien... ça fait trop mal au coeur" Malika

Les trois bâtiments comportent en tout 500 logements. Si tous les habitants du bâtiment numéro 13 ont été relogés, il reste encore 2 ménages dans le bâtiment 29 et 85 ménages aux numéros 15-27. Ils seront tous relogés avant la démolition de leur bâtiments. Le bailleur social, Grand Besançon Habitat, fait le tour des foyers depuis quelques mois. Des logements sont proposés aux habitants des 408, notamment à Saint-Claude et Saint-Ferjeux. Il leur est toutefois interdit d'être relogés dans les quartiers sensibles comme Planoise, Montrapon et Clairs Soleils.

Car les 408 étaient devenus une cité sensible : des appartements transformés en lieu de squat ou de trafic. Une situation qui aurait empiré depuis le début des travaux d'après plusieurs habitants. Avec d'autres mères, Malika dit faire des gardes parfois jusqu'à minuit pour surveiller les squatteurs. Elle s'inquiète aujourd'hui pour les enfants des immeubles : "Tu trouves les seringues par terre, un gosse il va les trouver et jouer avec. C'est devenu trop dangereux".

Selon la police nationale, c'est presque tous les deux jours qu'ont lieu des interpellations, pour consommation ou vente de drogue. La mairie a donc annoncé ce lundi qu'elle souhaitait renforcer la présence des policiers, nationaux ou municipaux, dans la cité bisontine.

La démolition de la cité des 408 a débuté ce lundi - Le reportage

La fin des grands ensembles

A la place de la cité historique des années 1960, à court terme, la ville veut mettre des jardins partagés et des prairies. C'est le projet de renaturation voulue en attendant la reconstruction de tout le quartier, de part et d'autre du tramway. C'est d'abord, en 2020, à l'angle des boulevards Charles de Gaulle, du Général Brulard et de la rue du Polygone que sera livré le premier immeuble du nouveau quartier, le Coligny.

La ville espère que le quartier flambant neuf de la Grotte verra le jour d'ici 2030. Mais la mairie ne veut plus de grands ensembles. Elle ne souhaite pas reconstruire une cité des 408. Fini les barres, place aux co-propriétés et aux immeubles de deux ou trois étages selon Nicolas Bodin, adjoint au maire de Besançon en charge de l'urbanisme. Le projet n'est pour l'instant pas vraiment concret. Nicolas Bodin dit se laisser le temps, car d'ici dix ans, les questions d'urbanisme, de logement et de populations auront bien évolué.