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Société

Immigration : trois ans après leur arrivée à Poitiers, que deviennent les mineurs isolés suivis par Min' de rien ?

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Par , France Bleu Poitou

Alors que le gouvernement rouvre le dossier migratoire, dans la Vienne, l'association Min' de rien tire le bilan de ses trois années d'existence à Poitiers, et il y a encore beaucoup de travail pour intégrer ces jeunes, même si certains sont diplômés et prêts à travailler désormais.

L'association Min' de rien qui s'occupe des migrants mineurs tient des permanences juridiques toutes les semaines à Poitiers
L'association Min' de rien qui s'occupe des migrants mineurs tient des permanences juridiques toutes les semaines à Poitiers © Radio France - Isabelle Rivière

Poitiers, France

Alors que les parlementaires débattent depuis lundi de la nouvelle politique migratoire en France, dans le Poitou comme ailleurs, l'immigration est une réalité quotidienne. Dans la Vienne par exemple, l'association Min' de rien s'occupe plus particulièrement des migrants mineurs. On a vu que leur nombre avait explosé il y a trois ans à Poitiers. Sachant que l'Etat oblige les départements à prendre en charge les mineurs isolés, des réseaux de passeurs clandestins en ont fait un "business" : de plus en plus de jeunes, africains notamment, sont arrivés en ville avec l'espoir d'être pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. Mais le temps de faire reconnaître leur minorité, ces jeunes n'avaient nulle part où aller. C'est là que l'association Min' de rien s'est créée venant combler un vide au niveau des institutions. 

Min' de rien, un réseau citoyen spontané

Min' de rien, c'est un réseau de citoyens qui s'est constitué presque spontanément et qui a très vite mis en place un hébergement dans des familles poitevines volontaires, de la collecte de nourriture pour les jeunes, des cours de français, et même des activités pour éviter de laisser ces mineurs en déshérence. Un accompagnement quotidien, sur la longueur, y compris pour les jeunes devenus majeurs depuis. 

Des migrants mineurs devenus majeurs depuis

Trois ans après leur arrivée à Poitiers, ces migrants mineurs, sont pour certains devenus majeurs. C'est le cas de ce jeune africain originaire de Guinée-Conakry. Arrivée en 2016 dans la Vienne, il a été pris en charge par Min' de rien, qui lui a évité de dormir à la rue. L'association lui a permis d'être hébergé dans quatre à cinq familles poitevines. 

"Sans les gens de min' de rien, je ne sais pas ce que je serais devenu", explique-t-il aujourd'hui. "J'aurais été à la rue..."

Reconnu mineur, il a pu suivre une formation au lycée Raoul Mortier de Montmorillon. Diplômé, il a un patron prêt à l'embaucher aujourd'hui. Mais il ne peut plus travailler. Désormais majeur (il va avoir 19 ans dans deux mois), il n'a pas obtenu de permis de séjour ni de titre de travail. Et est sous le coup d'une OQTF, obligation de quitter le territoire français. 

" Je n'y comprends rien. J'ai tout fait les papiers comme il fallait. J'ai même pu suivre ma formation et avoir mon diplôme. j'ai un patron pour m'embaucher, et on me dit que je n'ai pas les bons documents. Je suis perdu. Je ne sais pas ce que devient ma vie..."

Inquiet sur sa chaise, dans le bureau de la permanence juridique de l'association Min' de rien, il essaie de comprendre ce qui lui arrive. 

Des bénévoles engagés sur le long terme

Gérard Gourdot est co-président de Min de rien. Il fait partie de ceux qui tiennent la permanence juridique. Il doit donc guider les jeunes dans les méandres du droit administratif français, leur expliquer les incohérences et les contradictions qui font qu'un jeune est reconnu en tant qu'individu, mineur, et que quelques années, on lui redemande de prouver son identité et son âge. 

"On a un autre jeune dans le même cas qui a suivi la formation pour devenir installateur de fibre dans le Sud-Vienne, qui a un patron prêt à l'embaucher à 2000 euros bruts par mois. On a des jeunes formés dans des filières en tension comme la restauration ou le bâtiment qui ne demande qu'à travailler et qui ont tout fait pour s'intégrer et qui n'obtiennent pas leurs papiers"

Pour les bénévoles de Min' de rien, ces jeunes ont tout fait pour rester dignes, pour rester dans la légalité malgré leur précarité, ils n'aspirent qu'à une chose travailler et ne plus être une charge pour la société. 

"En sachant que la charge a tout de même été minime", insiste Gérard Gourdot, "puisque ces jeunes ont été en grande partie assumés par des citoyens bénévoles, et non pas par les institutions."

Pour le co-président de l'association pictave, il faut que l'administration  accorde à ces jeunes le droit de travailler, de manière à ce qu'ils deviennent autonomes.  "Ils ne demandent qu'à participer à l'essor économique de la France !", conclut-il. 

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