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Société

Un boulanger des pays de Savoie : "On forme des migrants en apprentissage, un choix humain et économique"

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Par , France Bleu Pays de Savoie

INTERVIEW - En plein débat passionnel sur l'immigration, un artisan-boulanger explique pourquoi il emploie huit migrants en Haute Savoie. Ne lui parlez pas de politique !

Alexis Daudin
Alexis Daudin © Radio France - Christophe Van Veen

Emmanuel Macron a choisi de mettre en débat le sujet explosif de l'immigration à l'Assemblée Nationale - ce lundi- et au Sénat - mercredi. Localement, des initiatives n'ont pas attendu les effets de manche des femmes et des hommes politiques.  

Ne pas se fier au patronyme de la boulangerie à succès qu'il a créée avec ses associés à Chambéry : "Hexagone". Tout comme ses deux fleurons en Haute Savoie  - "Comme à la maison" - qui emploient à Meythet et à Seynod une cinquantaine de salariés. 

Pétri de bonnes intentions

Alexis Daudin revendique l' "arrogance à la française" au point d'en baptiser sa baguette fétiche. Il n'a pas peur de poinçonner le coq gaulois sur un autre pain. Et pourtant, le moins qu'on puisse dire, c'est que le jeune homme dénote d'une grande ouverture d'esprit, et sa conception des ressources humaines n'est pas franco-française. Depuis un an, il accueille et forme sur les deux sites de Haute Savoie de jeunes migrants qui lui sont confiés par des éducateurs des centres d'accueil des migrants. 

Les contrats d'apprentissage en bonne et due forme sont signés. L'un d'entre eux vient de se transformer en CDI en boulangerie. Les autres - ils sont sept - œuvrent dans tous les domaines : boulangerie, pâtisserie et vente. Ils sont originaires de Guinée et du Congo-Brazzaville.   

Pétri de bonnes intentions, Alexis est un patron boulanger qui met la main à la pâte, il continue à créer ses pains avec des farines Label Rouge, et il privilégie la pâte humain. 

C'est bon pour l'entreprise

Alexis Daudin : - D'abord, en tant qu'artisan, on fait tout de A à Z et on doit donc transmettre des gestes. Or, en France, 7.000 postes de boulangers sont à pourvoir. Apparemment, plus grand monde ne veut faire ça. On a choisi de former des "Français de souche" comme on dit entre guillemets, et puis aussi, des éducateurs nous ont proposé ces jeunes qui, à 16 ans, ont des parcours de vie qu'aucun de nous n'aura jamais. Et cela se passe très très bien. On est ravis de les accueillir. 

France Bleu Pays de Savoie : - Le débat de l'immigration est "hystérisant" dans notre société, et vous, vous dîtes les choses de manière prosaïque, dépassionnée.

On n'est pas là pour faire de la politique. C'est bon pour l'entreprise sur le plan humain et économique. On a besoin de jeunes qui ont envie de travailler. Or eux, s'ils ne travaillent pas, je pense que les services de l'État vont les renvoyer chez eux. 

Vous avez commencé quand ?

Il y a un an avec un garçon qui s'appelle Parfait, qui nous vient de Congo-Brazzaville. Il ne savait pas ce qu'était un pain aux raisins. Aujourd'hui, il est dans l'amour du pain, dans une aventure qui le botte. Le matin, quand je demande aux salariés comment ça va, pour Parfait, ça va toujours ! Tellement il est content d'être là, avec nous.   

Leçon de vie

C'est une fierté, pour vous ? 

Franchement, pfff.... (sous-entendu "Non !") Je n'y vois pas un geste politique. Notre métier a besoin de gens qui viennent de l'extérieur. On a besoin de ces jeunes, ils ont besoin de nous, c'est "gagnant-gagnant". Après, oui, ils nous donnent des leçons de vie. Il suffit de discuter avec eux et d'apprendre qu'ils fuient des villages où toute leur famille a été tuée. 

Ils semblent très motivés.

Pas seulement parce qu'ils risquent d'être renvoyés chez eux. Ils apprennent plein de trucs, et ils se disent que si ça marche pour eux ici, ils pourront monter leur business quand ils rentreront chez eux, quand la situation se sera calmée dans leur pays. Il y a ceux qui visent un CDI et veulent s'installer, mais ce n'est pas le cas de tous.   

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