Société

Immobilier : acheter à Bordeaux est-il devenu un luxe ?

Par Olivia Cohen, France Bleu Gironde lundi 6 avril 2015 à 5:30

En 2014, les prix restent stables, la Gironde est un département attractif.
En 2014, les prix restent stables, la Gironde est un département attractif. © Guillaume Lemoine

C'est le bon moment pour investir en métropole bordelaise selon les notaires, car les prix de l'immobilier y sont restés globalement stables en 2014. Une autre tendance se dégage en Gironde : le foncier rural, autrement dit les prés, les bois et les terrains à la campagne, attirent des investisseurs variés, au détriment parfois des éleveurs locaux.

Le secteur de l'immobilier souffre de la morosité économique française. Dans ce contexte, la Gironde ne s’en sort pas si mal, particulièrement pour la métropole bordelaise , les prix de l’immobilier sont restés globalement stables en 2014 , alors qu’ils s’étaient envolés entre 2009 et 2013.

Aujourd’hui, le prix au mètre carré dans Bordeaux même est de 3.090 euros en moyenne : il est à seulement 2.520 euros dans le quartier Lestonat-Monsejour et grimpe jusqu’à 3.700 euros vers l’Hôtel de ville. Au premier trimestre 2015, selon les notaires affiliés à la Chambres des notaires de la Gironde, il faut profiter de cette accalmie pour investir.

Notaire investir Bordeaux

Le magazine Challenges le confirmait en janvier : en dehors de Paris, Bordeaux est la 4e ville la plus chère de France derrière Nice (3941 euros/m²), Lyon (3.852 euros/m²) et Aix-en-Provence (3.798 euros/m²).

Un phénomène nouveau : l’attrait pour le "foncier rural"

De nouveaux acheteurs s’intéressent au "foncier rural" : des biens tels que des bois, des prés et autres terrains campagnards séduisent les investisseurs de tous poils. Traditionnellement, paysans et éleveurs convoitent ce genre de biens. Aujourd’hui, ils sont concurrencés par des entreprises et des particuliers.

Pour les premières, devenir propriétaire foncier permet de payer moins d’impôt. Pour les seconds, il s’agit de "terrains d’agrément" pour la chasse ou pour agrandir leurs jardins. Ces investisseurs sont en train de faire grimper doucement les prix, et repoussent les éleveurs loin des villes. Le phénomène risque de s’accroître dans les années à venir.

À titre de comparaison, dans d'autres villes de la périphérie bordelaise, les prix moyens au mètre carré s'étalent entre 1.700 et 2.000 euros pour Saint-André de Cubzac, 2.000 euros à Lormont, 2.200 en moyenne pour Saint-Caprais, entre 2.200 et 2.600 euros à Marcheprime, et 2.400 euros en moyenne à Pompignac. En clair, il est plus abordable d'acheter à Pau qu'en banlieue bordelaise. Les quartiers les plus prisés de Mérignac (2.400 à 2.800 euros) sont dans l'étiage de l'immobilier à Lille ou Nantes.

"A Pompignac, dans le neuf, on approche les prix bordelais"

Bordeaux, ville attractive

Aujourd’hui, avec le tram et la LGV Bordeaux-Paris, la métropole bordelaise séduit de plus en plus les futurs propriétaires. Les notaires de Gironde craignent que l’offre ne soit bientôt plus à la hauteur de la demande. Ils en appellent à l’État, pour mettre en place des mesures incitatives, et régler les incertitudes fiscales et économiques qui pèsent sur le marché de l’ancien.

On peut suivre l’évolution du marché sur l'application "notaires de France - les prix de l'immobilier" - Radio France
On peut suivre l’évolution du marché sur l'application "notaires de France - les prix de l'immobilier" © Radio France - Olivia Cohen

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