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Société

Impressionnant dispositif policier à Royan pour le tout premier combat officiel d'une boxeuse iranienne

jeudi 11 avril 2019 à 19:23 Par Julien Fleury, France Bleu La Rochelle et France Bleu

Sa belle histoire a fait le tour des médias : Sadaf Khadem, 24 ans, sera la première Iranienne à disputer un combat officiel de boxe. Et ce sera lors du gala de Royan samedi soir. Mairie et préfecture n'ont pas lésiné sur la sécurité. "Du délire" pour le mentor de la boxeuse, Mayar Monshipour.

Une affiche inédite dans le monde : la Française Anne Chauvin défiera Sadaf Khadem, toute première Iranienne à monter sur le ring pour un combat officiel.
Une affiche inédite dans le monde : la Française Anne Chauvin défiera Sadaf Khadem, toute première Iranienne à monter sur le ring pour un combat officiel. - ROC Boxe

Royan, France

A Royan, une première mondiale, et un dispositif de sécurité inédit. A l'affiche ce samedi soir du gala de boxe à l'espace Cordouan de Royan, le tout premier combat officiel d'une boxeuse iranienne, et qui plus est sans voile islamique : Sadaf Khadem, 24 ans, affrontera la Nantaise Anne Chauvin. Ce combat a été annoncé dans de nombreux médias en France comme à l'étranger. Une médiatisation qui a visiblement un peu affolé les autorités en Charente-Maritime. Le combat sera entouré d'un dispositif de sécurité impressionnant, et sans doute disproportionné aux yeux des organisateurs.

Fouilles à l'entrée et à la sortie du gymnase, bracelets individuels pour chaque spectateur, parking réservé aux voitures accréditées. "On m'impose une sécurité digne du Paris-Saint-Germain", raille l'organisateur du gala, Franck Weus, qui a dû recruter six vigiles (dont la facture sera en partie payée par la ville) et douze bénévoles uniquement chargés de la sécurité, en plus de la cinquantaine de policiers et militaires mobilisés. "Pour un gala de boxe, je n'avais jamais vu ça, assure Franck Weus. Je pense que c'est cette surmédiatisation un peu instrumentalisée qui peut gêner" la préfecture et la mairie de Royan. "Même une mouche kamikaze ne pourra pas passer" sourit Franck Weus qui s'avoue "dépassé" par les multiples réunions de sécurité organisées par les autorités. "Au début je me suis dit : dans quoi me suis-je lancé ?"

"Même une mouche kamikaze ne pourra pas passer"

Certes ce combat est un beau symbole : une petite ouverture du régime iranien, où la boxe était jusque là interdite aux femmes. Mais le comité international olympique a menacé d'exclure l'ensemble des boxeurs iraniens des prochains Jeux olympiques. Du coup, l'ancien champion du monde français Mayar Monshipour, d'origine iranienne, a sauté sur l'occasion pour inviter en France Sadaf Khadem, qu'il avait rencontrée lors d'un voyage de détection à Téhéran où elle exerce comme coach sportive.

Le Poitevin Mayar Monshipour est à l'origine d'une belle médiatisation, qui selon lui n'a donné lieu à aucune réaction hostile : "C'est génial ! Et ça s'arrête là. Maintenant, si les autorités réquisitionnent des policiers, les empêchent de partir en weekend, c'est bien ! Cela donne de l'importance à notre événement. Mais je vous le dis, et le redis : c'est du délire !" D'ailleurs, depuis son arrivée à Royan il y a quelques jours, la jeune Sadaf se promène librement, sans garde du corps.

Le parapluie a-t-il été ouvert trop grand ?

La ville de Royan et la préfecture ont-elles ouvert le parapluie trop grand ? "Je vous dis fermement non !" répond le maire de Royan, Patrick Marengo, ancien général de l'armée de terre. "On n'en fait jamais trop sur la sécurité, promet l'ancien militaire. A la rigueur, il vaut mieux trop en faire, et s'apercevoir ensuite qu'on en a trop fait parce que ça s'est bien passé, plutôt que d'avoir des regrets."

De son côté, l'organisateur du gala, Franck Weus, à la tête du ROC boxe, le club de Royan, n'est pas près d'oublier cette soirée. Pour la suite, il aspire à plus de calme: "La prochaine fois que j'organise un gala, je ferai Suisse contre Luxembourg." Histoire d'être sûr d'avoir la paix...