Société

Incapable de payer des droits Sacem en hausse, le Café Français de Chinon arrête les concerts

Par Adèle Bossard, France Bleu Touraine lundi 12 décembre 2016 à 11:31

Jean-François et Séverine, les patrons du Café Français, arrêtent les concerts à contre-coeur.
Jean-François et Séverine, les patrons du Café Français, arrêtent les concerts à contre-coeur. © Radio France - Adèle Bossard

Le café-concert historique du centre-ville de Chinon, le Café Français, n'accueillera plus de concert. Le patron l'a décidé à contre-cœur mais il ne veut plus payer des f'rais de Sacem qui augmentent. La scène va disparaître mais le bar, lui, reste ouvert.

A Chinon, la musique live ne résonnera plus au Café Français. Ce café-concert mythique du centre-ville accueillait des groupes de musique à Chinon depuis le début des années 1980. C'était le plus vieux café-concert de la région Centre encore en activité. Mais aujourd'hui, le patron estime qu'il n'a plus les moyens de payer les frais de la Sacem, la société qui gère la collecte et la répartition des droits d'auteur.

Après des centaines de concerts au Café Français, le dernier a lieu le 10 décembre.  - Radio France
Après des centaines de concerts au Café Français, le dernier a lieu le 10 décembre. © Radio France - Adèle Bossard

Le patron, Jean-François Roche, ou Jeff comme tout le monde l'appelle ici, a reçu des dizaines de messages de soutien depuis l'annonce de la fin des concerts au Café Français, et notamment de la chanteuse Zaz, qui s'était produite sur la scène chinonaise. Pour cet amoureux de la musique, la décision a évidemment été prise à contre-cœur :

"J'ai passé quelques nuits blanches, assure Jean-François Roche, qui a même eu la gorge serrée au moment d'annoncer sa décision aux clients du bar. Je porte la lourde responsabilité d'être le dernier à faire des concerts au Café Français. J'en ai gros sur la patate".

Ces dernières années, il a pourtant investi près de 30 000 euros pour insonoriser le bar et continuer les concerts sans gêner le voisinage. Mais cette fois, c'en est trop. D'après ses calculs, les droits Sacem vont doubler, de 2000 à 4000 euros par an. Et il estime que les artistes ne sont pas mieux rémunérés pour autant. Depuis son rachat du bar, en 2004, le patron Jean-François Roche et sa femme, Séverine, ont reversé la totalité des gains de la billetterie directement aux artistes.

De l'autre côté du comptoir, la décision attriste aussi les habitués. Ils regrettent de voir un pan de la vie culturelle de Chinon s'en aller. Mais les Chinonais, l'assurent déjà : concert ou pas, ils continueront de trinquer au comptoir du Café Français.

Contactée, la Sacem se dit très surprise d'apprendre les difficultés du Café Français dans la presse et estime remplir sa mission de soutien à la création et à la diffusion musicale : "La Sacem a pour mission de soutenir la création. Nous soutenons dans la région plus de 31 projets à hauteur de 90 000 € et notamment des salles comme Temps Machine et Petit Faucheux, ou des festivals comme Jazz en Touraine, Terres du son, Aucard de Tours, Cosmopolite ou Kampagn’arts."

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