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Incendie de la cathédrale de Nantes : deux mois après, le temps s'est arrêté

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Par , France Bleu Loire Océan, France Bleu

Deux mois après l'incendie criminel qui a, en partie, ravagé la cathédrale de Nantes, commerçants et riverains ont toujours "un pincement au cœur" lorsqu'ils regardent l'édifice, toujours inaccessible, orphelin de sa verrière et silencieux depuis que les clochent ne résonnent plus.

Depuis l'incendie de la cathédrale de Nantes, des grillages ont été installés, place Saint-Pierre, un filet de protection a été posé sur la façade de l'édifice et les cloches ne tintent plus.
Depuis l'incendie de la cathédrale de Nantes, des grillages ont été installés, place Saint-Pierre, un filet de protection a été posé sur la façade de l'édifice et les cloches ne tintent plus. © Radio France - Florian Cazzola

Déjà. Cela fait déjà deux mois que la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes a, en partie, été détruite par un incendie criminel. C'était le 18 juillet, au petit matin. Pendant que les forces de l'ordre bouclaient les abords de l'édifice en déroulant des dizaines de mètres de Rubalise, les pompiers s'afféraient pour sauver tout ce qui pouvait encore l'être. L'après-midi même, une partie du gouvernement, Jean Castex en tête, se rendait sur les lieux pour connaitre l'ampleur des dégâts, entourée par des dizaines de journalistes. Deux mois après, l'odeur de brûlé a disparu. L'agitation politico-médiatique aussi. Et le silence a envahi "la plus belle vue de Nantes", comme aime à la dire Laurence, employée dans un pressing. 

"Il n'y a plus de vie"

Quand elle ouvre les rideaux de son appartement, situé au quatrième étage d'un immeuble dont la vue est imprenable sur le bâtiment du XVè siècle, Valérie ne peut s'empêcher d'avoir un "petit pincement au cœur". "_Quand on pense à cet orgue qui est mort et qui avait une âme, ça me fait mal au cœu_r, confie cette Nantaise qui a emménagé il y a une demi-décennie. Elle reste la cathédrale avec un grand C et on prend toujours plaisir à la regarder mais j’imagine son intérieur. Tout est fermé, il n'y a plus de vie le dimanche comme avant avec les gens qui allaient à la messe." "Ça fait bizarre de la voir fermée", renchérit Jean-Yves, le patron du bureau de tabac, qui jette un petit coup d’œil à la cathédrale depuis le pallier de son commerce. 

Au début, je regardais ma montre sans arrêt parce-que je n'avais plus de notion du temps.

Après l'incendie, les constatations des enquêteurs et l'état des lieux réalisé par les architectes, restaurateurs et les conservateurs, l'édifice a été fermé à double tours et mis sous alarme. Et pour cause. "Il faut encore procéder à la dépollution de l'édifice, explique le Père François Renaud, administrateur du diocèse de Nantes. Il y a une tonne de plomb qui s'est déposée dans le sol et un tout petit peu sur le parvis d'où les barrières qui interdisent l'accès à une partie du parvis". Entre-temps, un filet de protection avait été installé à la place de la grande verrière pour empêcher des chutes de pierres. Et les touristes, nombreux il y a encore quelques mois, ont peu à peu déserté le parvis. "L'ambiance du quartier est morte", déplore Jean-Yves. 

Une exposition qui retracent les jours après l'incendie

L'horloge, elle, s'est arrêtée à 8h12. Depuis l'incendie, les cloches ne tintent plus et le temps s'est arrêté. "On n'entend plus le clocher, ça me manque parce-que c'est avec ça que je me basais le matin, le midi et le soir, se souvient Laurence, derrière le comptoir du dressing où elle travaille depuis bientôt 10 ans. C'était mon repère et c'est un gros manque de ne plus entendre les cloches sonner. Au début, je regardais ma montre sans arrêt parce-que je n'avais plus de notion du temps." "C'est triste et silencieux", ajoute le buraliste du quartier.

Tout n'a pas brûlé et qu'au delà des éléments de patrimoine majeurs qui ont disparu dans l'incendie comme le grand orgue et le tableau d’Hippolyte Flandrin, le reste de la cathédrale est en bon état.

"C'est douloureux, confie l’administrateur du diocèse qui prépare l'arrivée d'un nouvel évêque, ce dimanche. C'est douloureux de ne pas avoir ce lieu à disposition pour que l'Église se rassemble. La cathédrale, c'est le lieu de tous". Mais pendant plusieurs mois, ce sera surtout le lieu de travail de plusieurs dizaines d'ouvriers. Alors, en attendant que l'accès soit de nouveau autorisé, une exposition a été installée. Accrochées sur les grillages du parvis, 16 panneaux retracent l'intervention des pompiers et montrent les dégâts à l'intérieur de la cathédrale. 

16 panneaux photographiques, accrochés sur les grillages du parvis Saint-Paul de Nantes, retracent les jours après l'incendie de la cathédrale.
16 panneaux photographiques, accrochés sur les grillages du parvis Saint-Paul de Nantes, retracent les jours après l'incendie de la cathédrale. © Radio France - Florian Cazzola

"Elle sera encore plus belle après"

"Nous avons eu l'autorisation, très récente, de la police judiciaire de pouvoir publier les premières photos du drame, dévoile Philippe Charron, le responsable du pôle patrimoine, architecture et espaces protégés à la DRAC des Pays de la Loire. L'objectif c'est de montrer que tout n'a pas brûlé et qu'au delà des éléments de patrimoine majeurs qui ont disparu dans l'incendie comme le grand orgue et le tableau d’Hippolyte Flandrin, le reste de la cathédrale est en bon état. Malgré cela, le travail à faire est considérable et les photos illustrent notamment les problèmes d'épiderme sur la pierre et qui va justifier un chantier qui va durer un certain temps." 

La Direction régionale des affaires culturelles planifie une réouverture partielle du bâtiment, circonscrite à certaines zones, dans le courant de l'année 2021. Pour voir l'édifice entièrement rénové, il faudra encore plus de temps. Qu'importe. "On a l’expérience de la restauration de la cathédrale d'il y a 50 ans, assure le Père François Renaud. Et on sait qu'elle sera encore plus belle après qu'avant."

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