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Société DOSSIER : Incendie de Notre-Dame

Incendie de Notre-Dame de Paris : que sait-on de l'ambitieux défi de la reconstruction ?

mardi 16 avril 2019 à 12:57 - Mis à jour le mardi 16 avril 2019 à 21:37 Par Thibaut Lehut, France Bleu

Coût, ampleur et durée des travaux : alors qu'Emmanuel Macron a promis que Notre-Dame de Paris sera "rebâtie" et que les premiers dons affluent, les incertitudes sont nombreuses ce mardi matin, à propos du chantier de reconstruction qui s'annonce.

La cathédrale Notre-Dame de Paris.
La cathédrale Notre-Dame de Paris. © AFP - François Guillot

Lundi soir, Emmanuel Macron annonçait qu'un chantier de reconstruction allait être engagé après l'incendie à Notre-Dame de Paris. Depuis, les premiers dons affluent mais de grandes incertitudes demeurent sur le coût, la durée et l'ampleur des travaux qu'il va falloir engager.

Reconstruire sur la même structure ?

Ce mardi matin, le ministre de la Culture Franck Riester a confirmé que "deux tiers de la toiture sont partis en fumée", soit "1.000 mètres carrés environ", selon les pompiers. La structure a donc tenu mais des expertises doivent désormais être menées pour savoir s'il est possible de rebâtir dessus. Des clichés pris à l'intérieur de la cathédrale montrent notamment qu'une partie de la voûte s'est effondrée. 

La voûte de Notre-Dame-de-Paris en partie effondrée suite à l'incendie. - AFP
La voûte de Notre-Dame-de-Paris en partie effondrée suite à l'incendie. © AFP - Philippe Wojazer

Selon Franck Riester, "la flèche est tombée à l'intérieur de la cathédrale, créant ce trou dans la voûte". "La croisée du transept et le transept nord se sont également effondrés", a ajouté le ministre, ce qui fragilise donc cette structure "qui devrait cependant tenir".

"Le choc thermique affecte tous les matériaux, y compris la pierre", a expliqué Bertrand de Feydeau, vice-président de la Fondation du patrimoine, "et nous ne savons pas s'il sera nécessaire de changer un certain nombre d'éléments de la voûte". Franck Riester a confirmé, précisant qu'il y a "une grande inquiétude parce qu'il y a de l'eau au-dessus de cette voûte, il y a aussi des morceaux de bois carbonisés gorgés d'eau".

L'UNESCO a de son côté proposé "une expertise à très court terme sur l'évaluation de la structure, des matériaux". Ses experts pourront aussi aider à mettre en œuvre "les mesures qu'il faut prendre dans les 72 heures après de tels sinistres" afin de consolider l'édifice, a proposé la directrice générale Audrey Azoulay.

Un chantier "d'au moins dix ans"

De ces expertises dépendra l'ampleur à donner aux travaux, et donc la durée et le coût du chantier. Eric Fischer, directeur de la Fondation de l'OEuvre Notre-Dame qui veille depuis 800 ans sur la Cathédrale de Strasbourg, a estimé qu'il faudra "des décennies". "Il y a, après le travail des pompiers, une temporalité de quelques semaines voire quelques mois vouée à la consolidation de l'édifice", a expliqué François Goven, inspecteur général des monuments historiques, "ensuite il y a le temps de la définition du projet qui va prendre un ou deux ans, et enfin le temps de la reconstruction qui dépend grandement du financement et qui va prendre au moins dix ans". "Ça va durer très longtemps et ça va représenter des budgets très importants", a averti de son côté le ministre de la Culture.

Impossible de chiffrer le chantier pour le moment" - Bertrand de Feydeau, vice-président de la Fondation du patrimoine

Bertrand de Feydeau a estimé de son côté qu'il sera "possible de tenter un chiffrage à l'issue des investigations". La fédération du bâtiment évoque elle des centaines de millions d'euros pour un chantier de "dix à quinze ans". Mardi matin, les dons avaient commencé à affluer. Les familles Arnault et Pinault ont d'ores et déjà promis 300 millions d'euros. La fondation du patrimoine a annoncé que les dons effectués via son site atteignaient le million d'euros.

Une reconstitution qui dépendra aussi de la documentation

En mettant de côté la question du financement, la perspective de voir un jour Notre-Dame-de-Paris retrouver l'apparence qu'elle avait avant l'incendie semble possible. "Il faut bien sûr l'espérer", a confié Eric Fischer. "Ce qui sera déterminant, ce sont les sources diverses de documentation, les copies qui permettront aux architectes et aux entreprises de reconstituer au plus près l'état actuel", a-t-il précisé, citant l'exemple de Strasbourg, "où nous disposons, grâce à la Fondation, de collections documentaires parmi les plus riches d'Europe". "À Paris, on peut souhaiter qu'ils puissent remettre la main sur un maximum de données historiques ou plus récentes recueillies avec des technologies modernes comme des scans 3D ou d'autres techniques de numérisation."

_"Une partie non négligeable de Notre-Dame de Paris a été numérisée_, mais c'est difficile d'avoir une estimation précise, on ne le saura que d'ici plusieurs jours", a confirmé Gaël Hamon, fondateur-dirigeant d'Art Graphique & Patrimoine, une entreprise de numérisation des monuments historiques. "On a déjà travaillé sur une trentaine de cathédrales en entier, mais pas Notre-Dame, malheureusement", a-t-il ajouté, promettant de "fournir ces informations aux architectes pour la restauration".

Des savoir-faire qui persistent, mais une "forêt" perdue à jamais

Les spécialistes sont en tout cas unanimes sur le fait que les savoir-faire persistent. "En France, on a cette chance d'avoir pu conserver un réseau d'entreprises du patrimoine extrêmement performantes, petits artisans ou groupes plus importants", s'est réjoui Eric Fischer, le directeur de la Fondation de l'OEuvre Notre-Dame. "Ces entreprises ont en leur sein des ouvriers très qualifiés qui peuvent être meilleurs ouvriers de France ou issus du réseau du compagnonnage", a-t-il précisé, "et vu l'ampleur présumée des travaux, quasiment l'intégralité des corps de métiers devra intervenir".

Des technologies nouvelles pour la charpente" - Bertrand de Feydeau

Seule la "forêt", cette charpente en bois joyau de l'architecture médiévale constitué de poutres datant des XIIe et XIIIe siècles, ne pourra sans doute pas être reconstruite à l'identique. "Nous n'avons plus sur notre territoire d'arbres d'une taille telle que ceux qui ont été coupés au XIIIe siècle et qui constituaient ce qu'on appelle la forêt primaire", a déploré Bertrand de Feydeau. "Il va donc falloir mettre en œuvre des technologies nouvelles qui laisseront à l'extérieur l'aspect de la cathédrale telle que nous l'aimons mais qui ne permettront pas cette visite mystérieuse à la grande forêt de la cathédrale", a-t-il regretté.

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