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Société

Inceste : une campagne de sensibilisation à la télévision

mercredi 23 décembre 2015 à 6:00 Par Lucas Valdenaire et Yassine Khelfa M'Sabah, France Bleu Belfort-Montbéliard

C'est un tabou qui toucherait près de quatre millions de Français : l'inceste. Une campagne de sensibilisation est lancée ce mercredi. Parole aux associations de victimes de Belfort.

75% des violences sexuelles sur enfants se passent dans le cadre familial
75% des violences sexuelles sur enfants se passent dans le cadre familial © Maxppp

Belfort, France

C'est un spot publicitaire qui va sans doute marquer votre attention. À partir de ce mercredi, l'AIVI, l'Association internationale des victimes de l'inceste, diffuse son premier film intitulé "Joyeux Noël". Dans ce clip, on voit un jeune garçon qui n'aime pas le réveillon. En réalité, il appréhende la venue d'un des membres de sa famille : le petit est victime d'inceste.

Quatre millions de Français concernés

C'est donc une campagne de sensibilisation qui tente de lever le voile sur un tabou : près de quatre millions de Français seraient concernés par l'inceste (selon une étude de l'institut Harris Interactive, réalisée sur Internet au mois d'octobre). Et la majorité sont des femmes. Selon l'association AIVI, 75% des violences sexuelles sur enfants se passent dans le cadre familial. Et bien souvent les victimes n'osent pas en parler. Un traumatisme qui peut durer des dizaines d'années.

"C'était le pire des monstres, c'était mon père"

Farida Brouk est directrice de l'Avadem de Belfort, une association d'aide aux victimes. Elle a le souvenir d'une femme qui lui a tout raconté au téléphone, 50 ans après les faits : "c'était une dame d'un certain âge qui m'a appelée et qui avait envie de parler à quelqu'un. Elle m'a dit :"

La personne qu'on a enterrée, c'était la pire des crapules, le pire des monstre, c'était mon père. Tous ces viols, cette humiliation... je n'ai jamais rien dit de peur que la famille n'éclate. Ce n'était pas pensable, on ne pouvait pas le dire. Maintenant qu'il est décédé, je peux tout dire

Farida Brouk, directrice de l'Avadem, raconte le témoignage d'une victime

Un viol, une agression sexuelle

À Belfort, Siham Djemah est juriste pour le Centre d'information sur les droits des familles de Belfort. Elle se retrouve très souvent confrontée à ces situations.

Les victimes n'en parlent pas après un seul entretien. On se rencontre plusieurs fois. C'est au bout du troisième ou du quatrième entretien qu'elles commencent à nous faire part de ce qu'elles ont subi

On leur indique alors les démarches à suivre : porter plainte, faire un signalement. Forcément il va y a voir une enquête et une confrontation, mais on leur explique 

Depuis le mois de novembre, l'inceste a fait son retour dans le Code Pénal. L'Assemblée nationale a décidé de sa surqualification en viol et agression sexuelle.