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Société

Indre-et-Loire : depuis 17 ans, il subit des remontées d'eaux usées dans sa maison

lundi 5 novembre 2018 à 5:58 Par Pierre-Antoine Lefort, France Bleu Touraine et France Bleu

Depuis 17 ans à Auzouer-en-Touraine, Jean Michel Chauveau est victime de débordements, liés à des conduits d'évacuation d'eaux usées qui se bouchent. Problème, la canalisation abîmée est à cheval sur deux communes et les mairies se renvoient la balle concernant l'entretien.

Jean-Michel Chauveau se bat depuis des années contre les remontées d'excréments.
Jean-Michel Chauveau se bat depuis des années contre les remontées d'excréments. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Auzouer-en-Touraine, France

La première fois que les eaux usées sont remontées dans sa maison d'Auzouer-en-Touraine, c'était en 2001. Ce jour est resté dans la mémoire de Jean-Michel Chauveau. "La baignoire s'est remplie, puis a débordé. Tout comme les toilettes. On s'est retrouvé, le temps que les pompiers et la Saur interviennent, avec 20 cm d'eau, d’excréments et de tout ce que l'on peut imaginer. " Les faits se sont répétés en 2005, en 2007, en 2012. Puis le rythme s'accélère, en 2017, et déjà à trois reprises en 2018. 

En cause, la vétusté des installations, comme le montrent les passages de caméras : le conduit d'évacuation, situé sous la route, s'est affaissé et les bouchons sont de plus en plus fréquents. Le dernier remonte à début octobre. "Comme ce n'est pas entretenu, cela se met de plus en plus régulièrement. Aujourd'hui, quand on s'en va, on se demande ce que l'on va trouver en rentrant. 10 cm d’excréments ? 50 cm ? On ne sait pas."

Jean-Michel a multiplié les démarches administratives, auprès de la mairie et de la Saur, sans jamais réussir à savoir qui étaient charge de la canalisation défectueuse.  - Radio France
Jean-Michel a multiplié les démarches administratives, auprès de la mairie et de la Saur, sans jamais réussir à savoir qui étaient charge de la canalisation défectueuse. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Si la canalisation n'est pas entretenue, c'est qu'elle se trouve entre Auzouer-en-Touraine et Château-Renault. Chaque commune a fait appel à un délégataire de service public différent : d'un côté la Saur, pour la première, Véolia pour la seconde. Chacun se renvoie la balle et rechigne à intervenir. Début octobre, lors du dernier bouchon, Jean-Michel a pu en faire l'amère expérience. "Ma femme m'appelle pour me dire qu'il y a de l'eau qui sort sous le chauffe-eau, détaille-t-il. Maintenant je sais ce que c'est, je commence à avoir l'habitude, je lui demande si cela sent. Elle me répond que ça "pue la merde", les excréments. On appelle la Saur. Mais pendant trois heures et demies on s'est bagarré pour savoir qui allait intervenir et qui allait payer !"

Pour limiter les désagréments, il a fait poser à ses frais un clapet pour empêcher les remontées d'eaux usées. Mais sous la pression, celui-ci n'est pas assez efficace pour empêcher tout écoulement. L'habitant est aujourd'hui à bout. Il a demandé au maire d'Auzouer-en-Touraine d'intervenir. 

Jean-MIchel a fait installer un clapet pour limiter les remontées. Lors du dernier bouchon, début octobre, sa pompe a reversé des litres d'eaux usées dans la rue. Ils auraient sinon fini dans sa maison. - Aucun(e)
Jean-MIchel a fait installer un clapet pour limiter les remontées. Lors du dernier bouchon, début octobre, sa pompe a reversé des litres d'eaux usées dans la rue. Ils auraient sinon fini dans sa maison. - D.R.

L'édile promet qu'une réunion va avoir lieu prochainement entre les deux communes et les deux délégataires. "Je pense que l'aboutissement de cette réunion va être que chaque commune soit responsable du réseau qui est sur sa commune", explique Jean-Claude Baglan. Deux choix attendent ensuite le conseil municipal. Un aménagement pour parer au plus presser en raccordant la maison de Jean-Michel à une rue voisine, ce qui coûterait 15 000 euros. Ou des travaux de plus grande importance, la création d'un nouveau conduit, en parallèle de l'ancien, pour éviter que ce qui arrive à Jean-Michel ne se reproduise chez des voisins. Un investissement beaucoup plus lourd, environ 100 000 euros, qui pourrait se faire dans plusieurs années.