Indre-et-Loire : des tentes devant la mairie de St-Avertin pour dénoncer le sort des mineurs isolés à la rue
Aller au bras de fer pour dénoncer le sort réservé aux mineurs isolés non reconnus par le département. C'était le but de cette action menée ce mercredi soir devant la mairie de St-Avertin par le collectif ASFT. Le département, lui, assure que tout mineur non accompagné est bien pris en charge.

Un campement d'une dizaine de tentes déployées devant la mairie, voilà le cadre de cette opération coup de poing menée ce mercredi soir à Saint-Avertin. A la manœuvre, le collectif Accueil Sans Frontière en Touraine qui dénonce le sort de ces jeunes migrants laissés à la rue.
S'ils l'ont fait à St-Avertin, c'est tout sauf un hasard. Car c'est la ville de Jean-Gérard Paumier. Il y a été maire de 2001 à 2016, puis conseiller municipal depuis qu'il a pris la tête du Conseil départemental. Le département accusé justement par ce collectif de ne pas faire son travail pour héberger ces jeunes mineurs étrangers. Dans leur collimateur, les évaluations qu'ils jugent contestables pour déterminer si la personne est mineure ou majeure. Si elle est déclarée mineure, c'est le département via l'aide sociale à l'enfance qui la prend en charge. Sinon, c'est l'Etat via le 115.
Depuis le début de l'année, 208 mineurs isolés ont été pris en charge en Indre-et-Loire. L'an dernier, le département y a consacré 9,5 millions d'euros. Mais depuis la pandémie, la pression migratoire a considérablement baissé. En 2018, par exemple, le département avait dû s'occuper de 1876 mineurs étrangers. Et plus d'un millier en 2019.
"Les mineurs non accompagnés qui se présentent sont dirigés vers un centre d'accueil à Sorigny", explique Nadège Arnault, la vice-présidente aux affaires sociales. "Commence la vérification des papiers, avec la police aux frontières et la préfecture."
Mais pour les associations, trop de mineurs ne sont pas reconnus comme tels et restent sur le carreau. Y compris le temps de leur recours juridique. Faute de pouvoir bénéficier de l'hébergement d'urgence via le 115, ils trouvent alors refuge notamment chez Utopia 56 à Tours. Mais avec 38 jeunes hébergés actuellement, il n'y a plus aucune place. Et ils sont six à se retrouver à la rue aujourd'hui.
A l'issue de ce bras de fer mené ce mercredi soir, ces six jeunes ont obtenu deux nuit à l'hôtel. Si la commune de St-Avertin n'a pas voulu payer, c'est la ville de Tours qui a décidé d'avancer l'argent et la métropole s'engage à la rembourser. Pour la suite, c'est la préfecture qui promet de