Société

Indre-et-Loire : la visite de Manuel Valls peut-elle faire oublier la cacophonie autour du centre de déradicalisation ?

Par Yohan Nicolas, France Bleu Touraine vendredi 21 octobre 2016 à 17:42

Manifestation d'opposants lors de la présentation à la presse le 13 septembre
Manifestation d'opposants lors de la présentation à la presse le 13 septembre © Maxppp - Patrice Deschamps

Le Premier ministre va visiter le centre de déradicalisation de Pontourny, samedi après-midi, à Beaumont-en-Véron. Une première pour Manuel Valls alors que le centre a connu depuis le début, de nombreux couacs de communication.

Manuel Valls va visiter ce samedi à 14h, le centre de déradicalisation de Pontourny à Beaumont-en-Véron. Une première pour le premier ministre, qui avait lui-même annoncé sa volonté d'ouvrir des centres dans la foulée des attentats de janvier 2015. Au total, 13 centres du même type devraient ouvrir en France.

Le Centre de prévention, d'insertion et de citoyenneté (CPIC) d'Indre-et-Loire, fait ainsi figure de projet expérimental de lutte contre la radicalisation, pour agir en amont sur les départs pour le jihad et pour faciliter le chemin vers la réinsertion.

Mais depuis l'annonce de sa création, il y a un peu plus de 6 mois, les couacs de communication se multiplient.

Une annonce précipitée, confuse ?

Car la création d'un centre de radicalisation en France était connue, voulue par le gouvernement depuis plusieurs mois. Mais l'annonce de la localisation, elle, s'est faite au détour d'une interview du préfet de Paris. Un centre situé "près de Tours, en Indre-et-Loire", disait-il, à la grande surprise des élus locaux et des riverains de Pontourny.

On ne parle plus de centre de déradicalisation mais de centre de "réinsertion" et de "citoyenneté"

Mais rien n'y fait. L'annonce précipitée ne fait que nourrir les craintes des riverains : une pétition, une association, des manifestations, des banderoles "Pontourny = djihad academy". Inquiets pour leur sécurité, les riverains demandent surtout plus de communication. L'ouverture du centre est alors repoussée de quelques mois, pour prendre le temps de la concertation, et de l'information des populations.

Un fiché S qui fait polémique

Les résidents sont présentés comme des personnes de 18 à 30 ans, en voie de radicalisation mais volontaires, non violents et sans casier judiciaire.

Sauf qu'à quelques jours de l'ouverture, on a apprend qu'un fiché S va y faire son entrée. Nouvelle trahison, disent les riverains comme les élus. Et le jeune homme n'est finalement pas admis... pour éteindre la polémique.

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