Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Indre : la commune d'Ambrault cherche un médecin

lundi 28 novembre 2016 à 18:48 Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry

Après le départ soudain du médecin de la commune pour des raisons personnelles, la mairie cherche dans l'urgence une solution.

Le docteur d'Ambrault suivait 2.000 patients
Le docteur d'Ambrault suivait 2.000 patients © Radio France - Gaëlle Fontenit

"On a plus de docteur". Le diagnostic est posé. Il est sans appel. Dans le café de la commune "transformé en bureau des pleurs" selon la patronne, Sandrine, les anciens patients du docteur viennent s'échanger les bons plans.

"Depuis que le docteur a dû fermer précipitamment, il y a un mois, nous n'avons pas de solution, explique un jeune couple. _Nous sommes inquiets pour notre petite fille de 4 an_s". Même discours chez cette mère de famille dont l’aîné est atteint d'une maladie génétique : "il a été opéré la semaine passée. Je n'ai pas su à qui faire adresser le compte rendu du chirurgien". Les histoires se suivent et se ressemblent. Sandrine s'est soignée seule, par l'automédication, et par conséquent, n'a pas été remboursée : "Ça va pas trop creuser le trou de la Sécu au moins" conclue t-elle philosophe.

"Le médecin le plus proche a 72 ans - une patiente.

Le docteur suivait près de 2.000 patients régulièrement. Depuis son départ, cette patientèle a donc tenté de se reporter dans les cabinets médicaux voisins. Mais partout, les habitants d'Ambrault obtiennent la même réponse : " Le docteur de Saint Août, à 6 km de chez nous, veut bien nous prendre en dépannage. Mais il a 72 ans. Cette semaine, il a fini plusieurs fois à 23h avec une file d'attente incroyable... Ce n'est pas durable, s'agace Sandrine. Personne ne veut de nous. Les médecins nous répondent qu'ils sont déjà débordés. Ils veulent bien renouveler une ordonnance mais pas plus".

Jean-Philippe a fait l'expérience de la file d'attente interminable. "J'ai été malade cette semaine : j'ai eu besoin d'un arrêt de travail. Il m'a fallu 48h pour obtenir un rendez-vous... Pour fournir un justificatif à mon employeur, c'est très limite".

La réalité du désert médical

La mairie a bien conscience du problème. Le premier adjoint, Etienne Aujard, a fait de ce dossier sa priorité. Il a demandé à l'ARS une dérogation pour obtenir qu'un médecin viennent passer deux jours par semaine dans la commune : "au moins pour renouveler les ordonnances, pour toutes les personnes âgées notamment".

Une solution à court terme en attendant l'installation, un jour, d'un hypothétique successeur. "C'est très compliqué. Nous savons que cela fonctionne par le bouche-à-oreille, alors nous sommes en train d'éditer une plaquette. Nous allons en distribuer dans toute la France. On sait aussi qu'il y a des médecins étrangers qui pourraient venir... Nous mettons le cabinet médical, propriété de la mairie, à disposition ainsi qu'une maison d'habitation...."

Un travail de longue haleine que soutiennent bien évidemment les habitants, même s'ils restent très remontés contre la tournure que prennent les choses : "Ok, nous ne sommes pas Lyon ou Bordeaux ou Paris, mais on existe aussi ! Il y a une petite économie, des commerces, des écoles... c'est inquiétant pour la suite" s'énerve Jean-Philippe.

"C'est une problématique qui s'anticipe... On en entend pas trop parler en cette période électorale... Ça n'a pas l'air d'être dans les priorités des hommes politiques. Eux sont peut-être soignés... pas nous**!**" renchérit la patronne du café.

Michel aurait bien une solution, souvent avancée en pareille situation : "Il me semble que les études de médecine en France sont payées par le contribuable. Il serait peut être bien d'obliger les jeunes qui sortent d'école à venir dans les campagnes, en leur assurant un revenu bien sûr. Il y en a à qui ça ferait du bien!" Un remède à la désertification médicale ?