Société

Attentat de Nice : seulement 10% des victimes ont reçu une indemnisation

Par Sébastien Germain, France Bleu Azur et France Bleu jeudi 1 décembre 2016 à 9:38 Mis à jour le jeudi 1 décembre 2016 à 10:30

Hommages aux victimes de l'attentat de Nice sur la Prom' (octobre 2016).
Hommages aux victimes de l'attentat de Nice sur la Prom' (octobre 2016). © Maxppp -

Un comité pour la mémoire des victimes de l'attentat du 14 juillet est mis en place ce jeudi à Nice. Des victimes qui ont beaucoup de mal à se faire indemniser et à porter plainte. La création du comité va aussi permettre d'avancer sur le dossier du mémorial.

Stéphane Gicquel est le secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs. Il fait partie de ce comité, mis en place ce jeudi à Nice, qui regroupera élus et victimes de l'attentat du 14 juillet.

Stéphane Gicquel était l'invité de France Bleu Azur ce jeudi à 7h50. Il révèle que de nombreuses victimes ont beaucoup de mal à porter plainte et à recevoir des indemnités.

"Seulement 10% des victimes ont reçu une indemnisation"

Pour recevoir des indemnités, il faut d'abord avoir porté plainte. Le problème pour les autorités est de déterminer si la victime était réellement sur la Promenade des Anglais, si elle est réellement victime.

Très peu de victimes ont donc reçu des indemnités selon Stéphane Gicquel : "Ça concerne seulement 10% des personnes. 1 200 personnes ont déposé une demande de reconnaissance. Aujourd'hui, on a un vrai problème de preuves. Je siège au conseil d’administration du fond d'indemnisation et nous avons eu des débats ubuesques."

"On nous a notamment dit que les gens qui étaient sur le terre-plein de la Promenade ne peuvent pas être considérés comme victime car le camion n'était pas sur le terre-plein ou encore que les gens qui étaient sur l'autre voie de circulation ont été exclus également. Nous devons prendre soin de nos victimes."

"700 personnes ne parviennent pas à porter plainte"

Difficulté aussi pour les victimes de porter plainte. Le problème c'est qu'à Nice il n'y a qu'un seul endroit pour porter plainte selon la FENVAC : la caserne d'Auvare.

"La plainte a un but indemnitaire, ça permet de certifier que la personne était bien sur la Promenade des Anglais, explique Stéphane Gicquel. 700 personnes n'ont pas à ce jour de plainte. C'est un véritable problème, la caserne ne peut prendre qu'une trentaine de plainte par semaine. Nous sommes à deux voire trois mois d'attente. Nous avons prévenu le ministre, mais pour le moment la situation est très difficile."

L'importance du comité et du mémorial

Stéphane Gicquel parle de l'importance du comité, mis en place ce jeudi : "C'est une première en France. C'est la première fois qu'une municipalité met en place un comité. L'idée c'est que la mémoire de cet attentat soit composée ensemble. Ça ne doit pas être imposé."

Il évoque également la création d'un mémorial en hommage aux victimes. "Un mémorial pour un acte terroriste de cette ampleur est une première en France. Nous n’avons pas encore de lieu, mais il va falloir faire vite car nous voulons qu'il soit prêt pour le 14 juillet 2017."

L'invité Stéphane Gicquel

Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs. - Maxppp
Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs. © Maxppp -

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