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La famille angolaise menacée d’expulsion à Châteauroux a obtenu deux cartes de séjour

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Par , France Bleu Berry
Châteauroux, France

Après près de trois ans en France, Fabricio Jean-Claude et sa compagne ont tous les deux obtenu un récépissé de la préfecture de l’Indre, les autorisant à rester sur le territoire française. L’homme peut même y travailler.

La situation de cette famille angolaise installée à Châteauroux s'est améliorée : les deux parents ont obtenu des titres de séjour
La situation de cette famille angolaise installée à Châteauroux s'est améliorée : les deux parents ont obtenu des titres de séjour © Radio France - Armêl Balogog

Fabricio Jean-Claude se souvient très bien du moment où il a trouvé le courrier de la préfecture de l’Indre dans sa boite aux lettres, au siège de Coallia, le 29 mars, à Châteauroux. "Je ne m’y attendais pas, j’étais à l’école ce jour-là, raconte-t-il. Il y avait un courrier de la préfecture. Je l’ai ouvert avec l’assistante sociale."

J’ai trouvé que c’était une bonne nouvelle, la préfecture m’avait accepté. – Fabricio Jean-Claude

En quelques semaines, et depuis le reportage que France Bleu Berry a pu faire en mars, la situation du jeune homme a beaucoup évolué.

Une carte de séjour pour Fabricio et sa compagne

En France depuis près de trois ans, le jeune Angolais n'avait jamais été régularisé. Le statut de réfugié lui a été refusé par l’OFPRA. C'est donc la première fois qu'il a une autorisation de séjourner sur le territoire français, et en plus d'y étudier et d'y travailler.

Autre surprise, sa compagne a également reçu une carte de séjour pour six mois. "Je ne m’attendais pas à ce que ma femme ait aussi un récépissé disant qu’elle était régularisée. C’était une surprise et j’étais vraiment content pour elle parce que ça lui permettra de faire quelques formations pour se réinsérer dans la société", confie Fabricio. Cela va également leur permettre de vivre dans une plus grande stabilité et d’élever tranquillement leur fille de deux ans.

Il peut enfin travailler

En septembre 2016, le lycéen en classe de première à Blaise Pascal à Châteauroux voulait faire un apprentissage. Une entreprise de maintenance industrielle l’avait accueilli en stage et était prête à le signer en alternance pendant au moins un an. Mais, la préfecture de l’Indre lui ayant alors refusé les papiers, la carte d’étudiant ainsi que l’autorisation de travailler, Fabricio n’avait pu se lancer dans cette voie.

L’été arrivant, et l’autorisation de travailler obtenu, Fabricio a recontacté l’entreprise pour y faire un stage. Il espère y commencer un contrat d’apprentissage à partir de septembre 2017, à condition que l’entreprise en ait les moyens. Ainsi, Fabricio pourrait subvenir à ses besoins. D’ailleurs, avant l’été, il cherche déjà un emploi à temps partiel – son titre de séjour ne lui permettant que de travailler à 60 %.

Je ne peux pas continuer tout le temps à demander des aides. Tant que je suis jeune et que j’ai la force de travailler, je vais essayer de trouver un job. – Fabricio Jean-Claude

Une forte mobilisation citoyenne

Le jeune homme "tient à remercier tout le monde". Il estime que la mobilisation médiatique et citoyenne autour de lui a beaucoup pesé dans la balance, et a poussé la préfecture à réétudier son dossier. Récemment, une pétition lancée par Droit au logement 36 (DAL 36), le Réseau éducation sans frontière (RESF) et ses deux parrains républicains a récolté plus de 1.000 signatures.

C’est la seule famille que j’ai trouvée. C’est vraiment incroyable, des personnes avec qui vous n’avez aucun lien familial et qui vous soutiennent comme ça. C’est très fort. Je n’ai pas de mots. – Fabricio Jean-Claude

"C’est une grande joie" pour sa marraine républicaine, Mireille Pourinet, qui le suit depuis plus d’un an. "C’était assez inattendu puisqu’avant de médiatiser un peu l’histoire de Fabricio, le vent n’allait pas dans le bon sens", rappelle-t-elle.

"J’ai été très étonnée par la solidarité financière aussi", continue la marraine qui, avec les autres soutiens, a lancé un collectif et une campagne de dons pour aider la famille à payer les titres de régularisation. Un visa de passeport coûtant aux alentours de 300 euros.

A 22 ans, le jeune Angolais est beaucoup plus assuré qu'il y a quelques mois, quand il a commencé à médiatiser sa situation. A l'époque, il risquait d'être expulsé de son domicile avec sa femme et leur fille de deux ans, ce qui avait mené le DAL 36 à agir et à alerter la presse. La menace n’avait pas de rapport officiel avec son statut légal, mais aujourd'hui, le problème est réglé, selon son assistante sociale. A noter que le service d'information, d'aide et d'orientation (SIAO) qui héberge la famille dans cet appartement de Coallia est placé sous la responsabilité du préfet.

Les parrains républicains "restent vigilants"

Devant ces bonnes nouvelles, son parrain républicain Jérémie Godet, élu à Argenton-sur-Creuse, reste prudent. "Le titre de séjour est provisoire. J’ai confiance vraiment dans le fait qu’en septembre 2017, il y aura suffisamment d’indicateurs au vert pour permettre à Fabricio et sa famille de rester sur le territoire français", autrement dit, de renouveler leurs titres de séjour.

Il faut se satisfaire et fêter la décision et en même temps je pense qu’il faut rester vigilant. – Jérémie Godet, parrain républicain de Fabricio

Selon Mireille Pourinet, leurs papiers devraient être renouvelés tant que Fabricio étudie – la situation de sa compagne dépendant de la sienne. Le jeune homme pense déjà à faire des études après son baccalauréat, en 2018. "En ce moment, il n’y a pas de pensées noires."

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