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Société

Injures et homophobie dans le football : " Il faut remettre tout le monde autour de la même table "

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Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Depuis le début de la saison, plusieurs matchs professionnels ont été arrêtés par les arbitres après que des chants ou banderoles jugées homophobes étaient entendues ou déployés dans les stades. Une réunion doit se tenir sur le sujet ce mercredi à la Ligue. Un sociologue du sport nous éclaire.

Des supporters déploient une banderole
Des supporters déploient une banderole © Maxppp - .

Caen, France

Ludovic Lestrelin est sociologue du sport, maître de conférence à l'université de Caen, spécialiste du football et des supporters en particulier. Il était l'invité de France Bleu Normandie Matin alors que doit se tenir ce mercredi à la Ligue de football professionnel une réunion entre représentants des supporters et des associations de lutte contre les discriminations. L'universitaire caennais apporte son regard sur ce que traverse le monde du foot depuis quelques semaines.

"Il faut remettre tout le monde autour de la même table, plaide Ludovic Lestrelin, pour bien comprendre la situation et trouver une porte de sortie à cette situation qui est dans l'impasse. On était dans une sorte de surenchère, de provocations par banderoles interposés entre les supporters ultras, notamment, et les autorités du foot et le ministère du sport."

Contentieux entre les ultras et les autorités

"Les groupes de supporters ont été stupéfaits, analyse le sociologue du sport. Ces consignes sont arrivées un peu comme un cheveux sur la soupe en début de saison. Les supporters ont ensuite vite compris qu'ils étaient mis à l'index et dans un contexte ancien de tensions multiples. Le contentieux est tel entre les groupes ultras, qui se disent victimes d'un contexte répressif qui les prive d'un certain nombre de libertés, et les autorités que la question de l’homophobie vient parachever une situation conflictuelle de longue date."

Le stade n'est pas un espace en dehors de la société

"Il faut considérer le stade comme un espace de transgression parfois. Le stade est un miroir grossissant. On voit les phénomènes à la loupe. La question de l'homophobie se pose dans tout un tas de situations quotidienne : des cours d'écoles au monde du travail. Dans les stades il existe un jeu qui consiste à disqualifier l'adversaire avec des propos qui peuvent jouer sur la sexualité et la virilité de l'adversaire. Tout cela participe en quelque sorte à une homophobie banalisée. Mais il n'y a pas d'intention explicite de faire mal, entre guillemets, à une victime ou une cible clairement identifié. C'est plus compliqué que ça."

La lutte contre l’homophobie grande perdante

Cette situation nuit-elle au combat moral engagé ? Oui assure Ludovic Lestrelin. "Le message ne passe plus. Tout le monde est perdant. Lutter contre les discriminations, l'homophobie en particulier, est louable. Et ça doit être mis sur la table. On peut faire évoluer des comportements en faisant réfléchir les gens mais la situation actuelle fait perdre tout le monde. Les autorités publiques et du football y perdent. Elles sont décrédibilisées. Les groupes de supporters sont aussi perdant. Ce genre de sujet nécessite un travail de fond qui passe par beaucoup de pédagogie et certainement pas par des effets d'annonces. Et ce travail peut passer par l'instance national du supporterisme, créé par la loi en 2016, placée sous la tutelle du ministère des sports."

Ludovic Lestrelin, sociologue du sport à l'université de Caen, invité de France Bleu Normandie

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