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Modération des contenus haineux : médiation ordonnée entre Twitter et des associations

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Par , France Bleu

La justice française a ordonné ce lundi une médiation entre Twitter et plusieurs associations de lutte contre les discriminations, dont SOS Homophobie et SOS Racisme. Elles avaient assigné le réseau social en mai dernier pour "inaction face à la haine en ligne".

Twitter avait été assigné en justice par plusieurs associations pour "incitation à la haine en ligne".
Twitter avait été assigné en justice par plusieurs associations pour "incitation à la haine en ligne". © AFP - JAKUB PORZYCKI / NURPHOTO

Un juge des référés du tribunal judiciaire de Paris a ordonné ce lundi la mise en place d'une médiation entre Twitter et des associations de lutte contre les discriminations. En mai dernier, elles avaient assigné le réseau social pour "inaction face à la haine en ligne". Les deux parties vont donc devoir rencontrer un médiateur, une prochaine audience aura lieu le 1er décembre. 

L'Union des étudiants juifs de France (UEJF), SOS racisme, ou encore SOS Homophobie estiment que Twitter manque de manière "ancienne et persistante" à ses obligations en matière de modération des contenus. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) s'est également joint à la procédure. Les associations demandaient au tribunal d'ordonner la désignation d'un expert chargé de constater "les moyens matériels et humains mis en oeuvre". Selon elles, de nombreux tweets signalés n'étaient pas retirés.

L'attentat de Conflans "confirme l'urgence d'une régulation"

Lors de l'audience ce lundi matin, le tribunal a observé une minute de silence en hommage à Samuel Paty, le professeur d'histoire-géographie tué à Conflans-Sainte-Honorine vendredi. Selon les associations, cette actualité dramatique "confirme l'urgence d'une régulation" sur les réseaux.

Pour l'avocat de l'UEJF, "le rôle des réseaux sociaux est bien sûr très important puisqu'on a vu qu'il amplifiait la propagande islamiste et toutes les autres propagandes de haine". "C'est sur le réseau Twitter qu'a été publiée la photo de ce malheureux professeur décapité. La Licra avait signalé à Twitter l'existence de ce compte islamiste très problématique, Twitter a retiré le tweet mais ne l'a pas signalé au parquet", a affirmé Stéphane Lilti.

Contacté par l'AFP, Twitter n'a pas souhaité commenter la décision du tribunal sur la médiation. En mai dernier, le groupe avait dit investir dans des technologies de modération "pour réduire la charge qui pèse sur les utilisateurs de devoir effectuer un signalement".

Suite à l'attentat dans les Yvelines, le gouvernement a pointé du doigt la responsabilité des plateformes en ligne et des réseaux sociaux. Il doit recevoir ses représentants ce mardi. Et l'exécutif a annoncé une série d'opérations visant la mouvance islamiste et la haine en ligne.

"Dès ce (lundi) matin des opérations policières importantes ciblant des individus radicalisés ont été diligentées. D'autres actions et mesures vont suivre sur la lutte contre la haine en ligne, sur les associations ennemies de la République, sur le renseignement et la surveillance de ces réseaux et individus qui s'en prennent aux fondements de nos valeurs et du pacte républicain", a déclaré le Premier Jean Castex lors de son discours ce lundi devant le congrès des régions de France.

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