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Insultes racistes et homophobes: quatre collégiens du Val-de-Marne racontent leur interpellation par la police

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Les parents de quatre collégiens du Val-de-Marne se sont tournés vers la justice après l'interpellation de leurs enfants. Les adolescents racontent avoir été victimes d'insultes racistes et homophobes lors d'une interpellation de la brigade anti-criminalité.

Quatre collégiens racontent avoir subi des insultes et homophobes lors d'une interpellation
Quatre collégiens racontent avoir subi des insultes et homophobes lors d'une interpellation © AFP - DENIS CHARLET / AFP

Quatre familles ont porté plainte après l’interpellation de leurs enfants par la police dans le Val-de-Marne, révèlent France Inter et Mediapart ce mercredi. Le 26 mai dernier, ces quatre collégiens de 14 ans ont passé 24h en garde à vue au Kremlin-Bicêtre. Ils racontent avoir subi des insultes racistes et homophobes de la part des policiers.

Insultes et coups 

Ce jour-là, les quatre adolescents se donnent rendez-vous en début d’après-midi et achètent des boissons ainsi qu’un paquet de bonbons au Franprix du coin. Quelques minutes plus tard, "on a vu des personnes arriver", des policiers de la brigade anti-criminalité (BAC), qui "nous ont fouillés, contrôlés", raconte à France Inter l’un des collégiens. "Ils nous ont interpellés, mais ils ne nous ont pas dit pourquoi", poursuit un autre. "On avait juste peur, on ne savait pas comment ça allait se finir".

Les insultes commencent alors à fuser, d’après les quatre amis : "Ils nous ont dit : lui, c’est un maghrébin, il est con", "eux, c’est des nègres, ils ne savent pas s’habiller", "vous êtes des pédés", "il casse les couilles ce noir", "mettez les deux noirs ensemble"... Les adolescents ont ensuite été menottés puis conduits au commissariat. Dans la voiture, "le chauffeur s’est retourné et m’a mis une gifle", affirme encore l’un des collégiens.

Une interpellation raciste selon leur avocat

"Ils ont été interpellés du fait de leur couleur de peau, pas en tant qu’individus", dénonce l’avocat des familles, Me Jérôme Karsenti, qui a déposé les plaintes auprès du procureur de Créteil. "Au cœur de cette affaire, il y a de la discrimination. Et c’est parce qu’il y a un phénomène discriminatoire qu’on s’autorise la maltraitance et le non-respect des droits", ajoute-t-il.

Selon lui, les policiers n’ont pas respecté les droits des mineurs en garde à vue : leurs parents, qui ont été prévenus tardivement, n’ont ainsi pas été informés de la possibilité de choisir un avocat et d’assister aux auditions. Après la garde à vue, les collégiens ont finalement été relâchés sans aucune poursuite. Ils ne comprennent d’ailleurs toujours pas pourquoi ils ont été interpellés : "On nous a dit un vol de bonbons, puis un vol en réunion, puis un vol à l’arrachée", raconte l’un d’eux.

Nouvelle arrestation quatre jours plus tard

Quatre jours après les faits, le samedi 30 mai, deux d’entre eux, vont de nouveau faire l’objet d’un contrôle par les mêmes policiers de la BAC. "On a clairement deux blocs qui s’opposent : celui de la police qui estime qu’elle a tous les droits et, dans l’autre, le sentiment que le policier, puisqu’il ne respecte pas la loi, n’est plus légitime. Lorsqu’on injurie des jeunes, on les violente, on fabrique du trouble à l’ordre public", estime Me Jérôme Karsenti.

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