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Internés des camps de Rivesaltes et Argelès : le Département met en ligne ses archives

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Une impressionnante base de données est désormais accessible à tous gratuitement : les fiches de quelques 60.000 personnes passées par les camps de Rivesaltes et Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) entre 1939 et 1942.

Exilés espagnols sous la surveillance de gendarmes à Argelès en 1939
Exilés espagnols sous la surveillance de gendarmes à Argelès en 1939 © Getty - Keystone-France

C’est une première en France. Jamais une collectivité territoriale n’avait mis en ligne ce genre d’archives. Le site internet du Conseil départemental des Pyrénées-Orientales permet aujourd’hui d’accéder à "la base nominative des internés" des camps d’Argelès et Rivesaltes, pendant la Seconde guerre mondiale. Près de 90.000 fiches nominatives cartonnées (pour 60.000 personnes environ) et conservées par les archives départementales ont été répertoriées et finalement mises en ligne après plus de 15 ans d’un travail de fourmi. 

"Chaque fiche renseigne le nom, le prénom, la date de naissance mais aussi des informations complémentaires telles que la profession, sa provenance, son parcours durant de son exil, voire même sa religion", détaille Marie Landelle, la directrice des archives départementales. On retrouve évidemment dans ces fichiers des exilés espagnols mais aussi les autres "indésirables" de l’époque : juifs, nomades, étrangers antifascistes, etc…

Cette mise en ligne répond à une demande très forte explique Marie Landelle. "Aux archives, on reçoit chaque année entre 250 et 300 demandes du monde entier. Ce sont des personnes qui recherchent leurs aïeux passés par ces camps. Mettre ces informations gratuitement et librement à disposition c’est une façon de faciliter ces recherches"

"On vient de faire un pas de géant" confirme Emita Diaz de Begar, la vice-présidente de l’association FFREEE (fils et filles de républicains espagnols et enfants de l’exil). "Il y a encore un nombre inimaginable de personnes qui recherchent un parent et que l’on orientait comme on pouvait. Cette mise en ligne est hyper importante"

Elle sera aussi utile pour la recherche scientifique, estime Grégory Tuban, historien et maître de conférence vacataire à l’université de Perpignan : "Avec ces données, on voit apparaître des zones grises de l’histoire qui n’ont pas été étudiées. Cette période et ce sujet n’ont pas été encore explorés".

Tous les noms n'y sont pas

Néanmoins, toutes les personnes passées par les camps d’Argelès et de Rivesaltes ne sont pas recensées dans cette base de données. "Il y a des trous et des manques dans les documents archivés, regrette Marie Landelle. Certains documents ont été détruits ou perdus à la libération des camps. Ainsi, nous n’avons pas les noms des personnes passées dans les camps entre février et septembre 1939. Toute la première période de la Retirada ne figure pas dans ce fichier.".

La présidente de Conseil départemental, Hermeline Malherbe, voit également dans cette ouverture des archives un symbole en résonance avec l’actualité : "Aux indésirables du XXe siècle succèdent aujourd’hui des populations elles aussi contraintes à l’exil."

Visiblement victime de son succès et d’un trop grand nombre de connexions, la base de données restait ce mercredi régulièrement inaccessible.          

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