Société

Isère : alors que le froid sévit, l'hébergement d'urgence ne peut accueillir tous les sans-abris

Par Ulysse Khalife, France Bleu Isère mardi 19 janvier 2016 à 21:15

Hébergement d'urgence - illustration
Hébergement d'urgence - illustration © Maxppp

Chaque hiver, le froid est un fléau pour les personnes qui dorment dans la rue. La baisse des températures ces derniers jours rend leur survie encore plus délicate, mais ils ne peuvent être tous logés dans des centres d'hébergement d'urgence.

En Isère comme ailleurs en France, c'est le 115 qui répond aux différentes demandes d'hébergement d'urgence. Il s'occupe ensuite de répartir les demandeurs en fonction des places disponibles. Cet hiver, dans notre département, 251 places ont été ouvertes dans le cadre du plan hivernal. Ces places s'ajoutent aux 811 autres disponibles toute l'année. Pourtant, le préfet de l’Isère a mobilisé les moyens nécessaires pour financer l’ouverture de 300 places. À l'automne dernier, les services de l’État ont lancé un appel à projet auprès des opérateurs sociaux et des collectivités territoriales de l’agglomération grenobloise pour ouvrir les 49 places supplémentaires, mais il n'a pas reçu de réponse.

251 places supplémentaires pour l'hiver

Dans le département, les personnes hébergées d'urgence sont réparties dans sept différents centres : à Pont-de-Claix, Domène, Fontaine, Vienne, ainsi que trois établissements de d'agglomération grenobloise. Le plus grand d'entre eux est le centre d'accueil intercommunal de Grenoble, situé près de la gare rue Henri Tarze, qui accueille actuellement 72 personnes pour 71 lits.

ECOUTEZ | J-A Peyrottes, directeur du centre d'accueil intercommunal de Grenoble

La majorité des personnes accueillies dans ce centre sont des étrangers. Amar, père de famille algérien, se sait heureux de ne pas passer la nuit dehors : "Je vois des gens comme moi dans la gare, dans la rue... c'est une catastrophe. La seule solution c'est le contact avec la Croix Rouge ou le 115". Autre personne rencontrée dans ce centre : Natalia, jeune femme de 21 ans qui vivait dans le camp de Roms parti en fumée près de la MC2 le 28 décembre dernier. Elle dit ne pas avoir eu froid dans la période où elle habitait le campement : "C'était nos maisons, il y avait du chauffage, moi je restais dedans".

→ À lire aussi : 80 enfants dorment dehors chaque nuit en Isère

 

ECOUTEZ | Reportage au centre d'accueil intercommunal de Grenoble

Le centre d'accueil intercommunal de Grenoble, qui héberge en ce moment 72 SDF, aurait la capacité d'accueillir "80 personnes et même au-delà" selon son directeur Jean-Alexandre Peyrottes.

Radio France
© Radio France - Denis Souilla

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