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Société

Octobre rose : "j’ai baptisé mon cancer du sein "tarte à la crème" !" témoigne Hélène, une Mayennaise de 47 ans

mercredi 3 octobre 2018 à 5:57 Par Stéphanie Denevault, France Bleu Mayenne

Hélène a 47 ans, elle est mariée, elle a trois fils de 10, 15 et 17 ans. Cette commerciale habite une belle maison dans l'ouest mayennais. Elle se remet d'un cancer du sein découvert en septembre 2017. Hélène a accepté de raconter l'annonce de la maladie, sa vie avec "sa tarte à la crème".

Hélène dans son jardin devant ses fleurs préférés
Hélène dans son jardin devant ses fleurs préférés © Radio France - Stéphanie Denevault

Mayenne, France

Hélène a le sourire, tout le temps. Une belle femme pétillante. Elle s'assoit dans le canapé de son salon. Et elle raconte : "au mois de juin 2017, j’ai commencé à  être très fatiguée, c’était mon corps qui disait stop, _et comme je travaillais beaucoup, j’ai cru que c'était un burn-out, j’ai pris 15 jours d’arrêt, j’ai fait des tests, une mammographie, une échographie, tout allait bien._"

Mais au mois de septembre, Hélène est toujours aussi fatiguée. "Je faisais du sport le samedi matin, et au bout de 45 minutes, j’étais rincée, essoufflée, mais toujours avec une grande force morale, je me disais, c'est rien, ça va passer," explique la commerciale. "Un jour, j’ai senti une boule assez importante dans mon sein droit. Tout est allé très vite. Après même si on sait,  même si on se doute, quand les mots sont dits, ça n’a pas la même force, en même temps, c’était aussi mettre des mots sur ce que mon corps me disait."

Une tumeur de 35 millimètres de grade 3

La tumeur d'Hélène était très agressive, elle se développait vite, elle a donc été opérée très rapidement. Mais il a fallu bien sûr prévenir les proches, et en premier les enfants : "pour moi et mon mari, cela a été une évidence de leur dire, on reste cinq. On les a informés avec des mots simples, sans être négatifs, on leur dit que c’était une maladie comme une autre, et puis rapidement j’ai baptisé mon cancer "tarte à la crème", parce que ça fait sourire et on a besoin de sourire. Quand des gens arrivent avec des mines défaites, parce qu’ils viennent d’apprendre et bien "tarte à la crème", ça apporte un peu de dérision." 

Ce n'est pas parce qu’on nous met une étiquette de cancer que la vie va s’arrêter, la vie elle continue et on a envie de la vivre !" - Hélène

Hélène n'a pratiquement pas pleuré. Elle s'est concentrée sur sa petite troupe, pour avoir la force de gérer la maison. La chimio, ce qu'elle appelait sa "cure", elle la faisait le jeudi, comme cela elle était fatiguée quand les enfants étaient à l'école et le week-end, elle était plus en forme. 

Le cancer, un parcours ponctué de petites morts 

Un des effets de la chimio, c'est la chute des cheveux. Hélène avait une longue chevelure brune : "j'ai pris la décision après l'opération de me faire couper les cheveux ce que je n’avais pas fait depuis une trentaine d’années. Je me suis dit que psychologiquement, ça allait être compliqué de voir des mèches entières de cheveux me rester dans la main, moi qui avait de longs cheveux. J'ai coupé, mais il faisait froid, vous pouvez pas savoir,  j’ai cherché mes cheveux, je cherchais ma barrette, j’ai mis une semaine à m'y faire. Cela a été un choc, et en même temps, il fallait préparé mes petits garçons à ce que j’allais devenir. Vous les perdez de plus en plus, vous les peignez très fort, vous prenez une douche et il ne vous en reste plus.". 

Aujourd'hui Hélène va bien, elle se remet de l'opération, de la chimio, elle se repose. Et avec son optimisme déconcertant, elle répète ne rien vouloir changer à sa vie. Elle veut reprendre son travail d'avant, sa vie d'avant "la tarte à la crème". En revanche, elle ne veut plus perdre de temps pour des futilité : "tout ce qui est lié à l'amour de la vie, je prends !"