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Société

"J'ai fini par cacher mon homosexualité au lycée" : une étudiante amiénoise se confie

mardi 29 janvier 2019 à 11:50 Par Hajera Mohammad, France Bleu Picardie et France Bleu

Le ministre de l'Éducation nationale vient de lancer une campagne contre l'homophobie et la transphobie au collège et au lycée. Une initiative soutenue par les associations LGBT y compris en Picardie.

Élisabeth Khiel, étudiante amiénoise se confie : "J'ai fini par cacher mon homosexualité au lycée"
Élisabeth Khiel, étudiante amiénoise se confie : "J'ai fini par cacher mon homosexualité au lycée" © Radio France - Hajera Mohammad

Amiens, France

"Ça suffit !", c'est le nom de la campagne lancée le 28 janvier par le ministère de l'Éducation nationale pour lutter contre l'homophobie et la transphobie au collège et au lycée. Une campagne saluée par les associations LGBT en Picardie.

Des actes LGBTphobes en hausse en milieu scolaire

Selon SOS Homophobie, les actes LGBTphobes en milieu scolaire ont augmenté de 38% en 2017. Michel Magnier, membre actif de l'association en Picardie, rappelle que l'insulte "pédé", reste l'une des plus prononcée dans les cours d'école et que le"taux de tentative de suicide est beaucoup plus élevée(quatre fois plus) chez les jeunes homosexuels" que chez les autres. Mais le tableau n'est pas si noir.  Le militant explique que plusieurs initiatives ont déjà été lancées dans la région. "L'école supérieure du professorat à Amiens met en place depuis plusieurs années des modules de lutte contre l'homophobie et la transphobie par exemple". Il faut continuer à aller dans ce sens et à sensibiliser les enseignants sur ces questions, insiste Michel Magnier.  

Repli sur soi, échec scolaire, décrochage pour les victimes

Les conséquences pour les victimes sont connues : le repli, l'échec scolaire, le décrochage. Élisabeth Khiel, 20 ans, est étudiante à la fac d'arts d'Amiens. Elle aussi a subi les remarques déplacées et les clichés lorsqu'elle a fait part de son homosexualité au lycée. "Dans les couloirs, on a commencé à crier "la brouteuse", quand j'arrivais. Ça me mettait très mal à l'aise". Elle admet avoir fini par cacher son homosexualité : "J'avais tendance à trouver des pirouettes ou à retarder le moment où j'allais l'annoncer à mes amis".

Aujourd'hui, la jeune femme estime que si les actes homophobes augmentent en milieu scolaire, c'est parce que le discours s'est totalement décomplexé chez certains adultes : "Dans certains endroits, c'est presque normalisé d'être homophobe, même des partis politiques assument totalement leur propos homophobes". Et selon elle, les enfants ont simplement tendance à répéter ce qu'ils entendent de la bouche des enfants.

Un numéro d'écoute pour les victimes

À l'occasion de la campagne lancée par le gouvernement, des prospectus seront distribués dans tous les établissements du second degré avec ce slogan _"tous égaux, tous alliés"_. Un guide d'accompagnement pédagogique sera mis en ligne pour les enseignants. Enfin un service d'écoute et d'aide à distance sera accessible dès la semaine prochaine pour les victimes : www.ecoute.contrelhomophobie.org et par téléphone : 0 810 20 30 40 ou  01 41 83 42 81.