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"Sa photo circule sur internet" : après le décès du chauffeur à Bayonne, la crainte de fausses accusations
Après le décès de Philippe Monguillot, faut-il craindre des dérives racistes ? Depuis plusieurs jours, de fausses accusations circulent sur les réseaux sociaux. L'on y voit des photos de jeunes hommes accusés à tort d'être les agresseurs du conducteur. Des messages souvent accompagnées d'insultes.

"Mon frère se fait traiter de criminel alors que l'on a rien à voir avec tout ça", témoigne une jeune femme de l'agglomération bayonnaise dont le frère vit à Bordeaux. Lundi, elle découvre grâce à des amis qui lui envoient des captures d'écran, qu'une publication circule sur les réseaux sociaux. Dessus, l'on y voit une photo de son frère parfaitement reconnaissable, qui est présenté à tort comme l'un des agresseurs de Philippe Monguillot .
Depuis l'agression de dimanche, de fausses informations inondent en effet internet. Certains n'hésitent pas à relayer des photos dont l'origine est douteuse et mettent en cause des personnes qui n'ont rien à voir avec l'affaire. Au moins une famille est concernée et a déposé une main courante au commissariat de Bayonne. Celle de la jeune femme dont la photo du frère circule et qui a accepté de témoigner à France Bleu Pays Basque. Mais ce vendredi, une deuxième personne visiblement accusée à tort, publiait des vidéos sur les réseaux sociaux pour clamer son innocence.
"Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas là", confirme la jeune femme. En général, les messages sont accompagnés d'insultes à caractère raciste : "On peut lire des choses comme : sale bougnoule, sale arabe, rentre dans ton pays... Je n'avais jamais entendu ça, alors que cela fait 24 ans que j'habite ici".
La peur des représailles
Mercredi, la jeune femme et sa mère comptaient se rendre à la marche blanche, organisée en soutien au conducteur de bus , mais elles ont préféré rester chez elle. "Je compatis à la douleur de la famille. C'est un drame horrible qui aurait pu arriver à tout le monde. Ma mère connaît tous les chauffeurs Chronoplus, elle les voit tous les jours. Mais nous avons eu peur des représailles à cause de la photo. Nous avons peur que quelqu'un nous reconnaisse, qu'il finisse par nous attraper et qu'il nous agresse".
Face à cette situation, la jeune femme s'inquiète pour l'avenir de sa ville. "Moi, ici, je n'ai jamais eu aucun problème de racisme. Les Basques ne sont pas comme ça. Mais maintenant j'ai peur que cela change. Je ne veux pas que cela devienne comme dans les grandes villes et que l'on se fasse insulter à longueur de journée".
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