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"J'étais prêt à mourir pour préserver la vie", témoigne un Saintais ancien du GIGN

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Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu

Pendant 15 ans, Philippe B. a été "opérationnel" au GIGN. Cet adolescent saintais violent est devenu un militaire engagé jusqu'à l’extrême, jusqu'à envisager la mort lors de l'opération contre les frères Kouachi. Il se confie dans un livre qu'il dédicace ce samedi à Rochefort et Saintes.

Confessions d'un ops, le livre de Philippe B écrit avec Jean-Luc Riva
Confessions d'un ops, le livre de Philippe B écrit avec Jean-Luc Riva

Il y a quelques mois à peine, en décembre dernier, il était encore au GIGN. Philippe B., né à Royan est aujourd'hui retraité, suite à une blessure aux cervicales, et il tente une carrière au cinéma. Pendant 15 ans, dans le groupe opérationnel mythique, ce gendarme d'exception a souvent été celui qui était en deuxième position dans une colonne d'assaut. Il a participé à quantité d'opérations, dont celle contre les frères Kouachi à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne). Philippe B. raconte son parcours, de l'adolescence au GIGN, dans un livre qui vient de sortir "GIGN, Confession d'un Ops" comme s'appellent les gendarmes du GIGN, comprenez d'un "opérationnel". 

Une vocation qui naît, à Saintes, devant la télé en 1994 

Philippe B. a 16 ans quand le GIGN libère les otages d'un Airbus sur l'aéroport de Marignane en décembre 1994. Il est devant sa télé, à Saintes, et il est "scotché" comme il le raconte dans son livre. "Pour moi, c'était un sentiment d'utilité, j'avais besoin d'être un maillon utile dans la société. Et puis j'avais la conviction que très peu peuvent le faire, et que c'est absolument nécessaire. Je me sentais ces qualités là, pour servir". Cet adolescent fou de sport de combat n'a plus qu'un objectif, entrer au GIGN. Pourtant, à l'époque, le futur super gendarme est un adolescent puis devient un jeune homme violent qui veut à tout prix montrer qu'il a les capacités de répondre à l'injustice. Une violence qui a failli lui fermer les portes du GIGN. Les psychologues s'opposent à sa candidature, mais les instructeurs sont séduits par ses capacités physiques, sa force morale, et ils savent qu'ils vont pouvoir canaliser son énergie. Philippe devient chuteur opérationnel (parachutiste), instructeur de sport de combat, expert en explosif, et surtout tireur d'exception. Son adresse sera déterminante pour la réussite de plusieurs opérations qu'il raconte dans son ouvrage. 

Philippe B. décoré pour ses actions au GIGN pendant 15 ans - Aucun(e)
Philippe B. décoré pour ses actions au GIGN pendant 15 ans

Quand le choix s'est porté sur moi pour entrer dans l'imprimerie de Dammartin-en-Goële,  j'ai été honoré"                        
- Philippe B. ex-GIGN

Cette adresse lui vaudra d'être désigné avec deux de ses camarades pour entrer dans l'imprimerie de Dammartin-en-Goële, où les frères Kouachi sont retranchés en janvier 2015. "Quand le choix s'est porté sur moi, j'ai été honoré" dit Philippe B., même s'il sait qu'il risque de mourir. Son supérieur le prévient : "Les Kouachi veulent buter du flic avant de mourir. Ils ne laisseront pas passer l’occasion, alors ne me remercie pas, car il y a de grandes chances pour que vous soyez blessés ou tués" (extrait de "GIGN, Confession d'un Ops" p.137). Les trois hommes se préparent à entrer, Philippe B. est N°2, derrière l'homme qui porte le bouclier de protection : "Tant que rien de vital n'est touché, on tire" dit Philippe B. à ses collègues, comme il le rapporte dans son livre. Il ajoute aussitôt : "Je dis cela sans trop y penser, mais je réalise brusquement que c'est bien ce qui risque d'arriver".   

Les Français doivent comprendre que des hommes sont prêts à mourir pour préserver la vie"                          
- Philippe B. ex-GIGN

Ce jour là, à Dammartin-en-Goële, l'engagement de Philippe B. pour servir s'exprime dans sa totalité. "À ce moment là, je me suis dit, c'est ça l'engagement" dit l'ex-gendarme du GIGN. "Les Français doivent comprendre que des hommes sont prêts à mourir pour préserver la vie, pour préserver la tranquillité". Il précise que les membres du GIGN, comme ceux des autres membres des groupes d'intervention en France ou à l'étranger "ne sont pas suicidaires". Mais qui, à part eux, peut aller neutraliser des terroristes ou des forcenés ? "On est prêt à aller au combat, et à aller jusqu'au bout. L'engagement dans notre métier peut aller jusqu'à la mort". Finalement, Philippe B. et ses deux camarades n'entreront pas dans l'imprimerie de Dammartin-en-Goële : au moment où l'ordre d'action venait d'être donné, les frères Kouachi sont sortis l'arme au poing en faisant feu. Ils tomberont sous les balles de plusieurs gendarmes du GIGN.  

Philippe B. dédicace son livre "GIGN, Confession d'un Ops" écrit avec Jean-Luc Riva (éditions Nimrod) ce samedi à Rochefort et Saintes. De 10h à 12h, à la maison de la presse de Rochefort, puis de 14h à 16h à la maison de la presse de Saintes.

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