Société

Jacques Servier, le fondateur des laboratoires Servier, est mort

France Bleu jeudi 17 avril 2014 à 7:52

Jacques Servier est décédé à l'âge de 92 ans
Jacques Servier est décédé à l'âge de 92 ans © Maxppp

Le patron des laboratoires Servier est décédé, mercredi, à l'âge de 92 ans, a annoncé le groupe pharmaceutique. Figurant parmi les plus grandes fortunes de France, il était visé par la procédure judiciaire concernant le Médiator, un antidiabétique utilisé comme coupe-faim, qui aurait été à l'origine de milliers de morts en France.

Son nom restera lié au scandale du Mediator, mais son entreprise reste le deuxième plus grand groupe pharmaceutique français : Jacques Servier, le président – et fondateur – des laboratoires du même nom, est mort mercredi à l'âge de 92 ans. Ce sont les laboratoires Servier qui l'ont annoncé , mercredi soir, sans pour autant préciser la cause de son décès (qui serait liée à son âge selon une source proche). 

"Les laboratoires Servier et tous leurs collaborateurs ont appris avec une immense tristesse le décès de leur Président-Fondateur, le Docteur Jacques Servier, décédé à son domicile le 16 avril 2014 dans sa quatre-vingt-treizième année".  — Communiqué des laboratoires Servier

La marche de Jacques Servier vers le succès industriel commence en 1954 par le rachat d'un petit laboratoire qui fabriquait le sirop pour la toux, à Orléans. Les premiers médicaments des laboratoires Servier sortent en 1955. Près de soixante ans plus tard, en 2013, le groupe pharmaceutique représentait un chiffre d'affaires de 4,2 milliards d'euros : c'est le deuxième laboratoire français en termes de ventes (derrière Sanofi). Jacques Servier figurait lui-même parmi les plus grandes fortunes de France, avec une fortune personnelle estimée à plus de deux milliards d'euros. 

L'homme du scandale du Médiator

Le groupe pharmaceutique, qui emploie 21.000 personnes, est visé par plusieurs procédures judiciaires dans le scandale du Mediator . Ce médicament contre le diabète était utilisé comme coupe-faim par de nombreux médecins. Provoquant des valvulopathies et de l'hypertension artérielle, le Mediator aurait fait jusqu'à 2.000 morts en France . Il a été retiré du marché en 2010.

Outre les poursuites qui visent sont entreprise, Jacques Servier était lui-même poursuivi pour "tromperie aggravée" : il était accusé d'avoir délibérément trompé les victimes sur la composition du médicament . Son procès, ouvert une première fois en mai dernier, avait été reporté "d'au moins un an", pour supplément d'information. Irène Frachon, qui a enquêté pendant des années sur le Médiator et révélé le scandale, rappelle que le procès aura lieu même sans Jacques Servier :

"Si la personne a disparu, le nom de Jacques Servier et ses collaborateurs auront à répondre des crimes devant la justice. Les victimes doivent le savoir, la justice ne s'arrête pas avec sa mort" — Irène Frachon

"Pour l'instant, aucun successeur n'a été désigné ", selon une source proche du groupe. Jacques Servier n'avait pas de "dauphin" désigné. Jean-Philippe Seta, son ancien numéro deux, a été évincé de la direction du groupe en octobre dernier. Le directeur financier Olivier Laureau semble le mieux placé pour reprendre le flambeau : il a été mis en février à la tête d'une mission de "coordination" du comité de direction, chargé d'assurer la présidence en cas d'absence de Jacques Servier.