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Société

Don d'ovocytes : "Je n'ai pas donné un bébé, j'ai donné une chance de faire un enfant"

lundi 14 janvier 2019 à 12:58 Par Nolwenn Le Jeune, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu

Alors que plus de 3000 couples sont concernés par l'infertilité en France, Delphine accepte d'expliquer pourquoi elle a donné ses ovocytes. Comme 18 autres donneuses en 2017 au CHU de Caen, elle a permis d'aider un ou plusieurs couples à avoir un enfant.

Plus de 3000 couples sont concernés par une infertilité médicale chaque année en France.
Plus de 3000 couples sont concernés par une infertilité médicale chaque année en France. © Maxppp - Karim Siari

Caen, France

Trois mille couples infertiles attendent aujourd'hui un don de spermatozoïdes ou d'ovocytes en France. Même si les procédures ont été assouplies en 2016, le don de gamètes reste encore méconnu selon l'Agence de biomédecine qui relance sa campagne de promotion. Les couples doivent en moyenne attendre entre un an et 18 mois en Normandie. Au CHU de Caen, 32 personnes, hommes et femmes, ont choisi de donner leurs gamètes en 2017. Comme Delphine, qui témoigne pour France Bleu Normandie. "Je n'ai pas donné un bébé, j'ai donné une chance de faire un enfant" explique-t-elle.

Elle-même n'a eu aucun problème pour avoir ses enfants

Personne dans son entourage n'est concerné par l'infertilité. Delphine la première qui a eu ses trois enfants très facilement, "peut-être un peu trop d'ailleurs, sourit-elle, parce qu'on a eu un troisième bébé arrivé par surprise". La jeune femme a toujours gardé dans un coin de sa tête l'envie d'aider les autres. "A  l'époque, j'allais beaucoup sur internet, et j'avais lu des récits de mamans qui n'arrivaient pas à tomber enceintes et qui avait fait appel aux dons d'ovocytes".  

Juste envie de donner un peu d'elle pour rendre des parents heureux

Le don d'ovocytes est plus contraignant que le don de sperme. Delphine a dû suivre un traitement hormonal, puis être hospitalisée pour la ponction. Mais rien de comparable selon elle au parcours du combattant des couples infertiles. "Qu'est ce que quinze jours ou trois semaines de traitement, contre plusieurs années d'attente pour faire un bébé ?" Et elle s'étonne presque du sentiment de gratitude exprimé par tous les professionnels de santé qu'elle rencontre, "comme si c'était quelque chose d'exceptionnel alors que moi je le vivais de manière presque normale en me disant au moins j'aurais fait quelque chose de bien dans ma vie, j'avais juste envie de donner un peu de moi pour pouvoir rendre des parents heureux." Un don qui n'est pas forcément anodin pour tout le monde. Mais qui, pour Delphine, s'apparente à un don de sang ou de moelle osseuse. Ni plus ni moins.

J'ai donné des cellules, mais comme quand on donne son sang.

"Je n'ai pas donné un bébé, j'ai donné une chance de faire un enfant, et pour moi la différence est inouïe : j'ai donné des cellules, mais comme quand on donne son sang. Je n'ai pas donné un bébé construit et d'ailleurs il n'aura pas 50% de mes gènes mais un peu moins, c'est prouvé, parce que la maman qui porte l'enfant transmet aussi des gènes à son bébé. Je ne considère donc pas avoir un bébé dans la nature que je ne connais pas." 

C'est toujours grâce à l'amour de ses parents qu'un enfant vient au monde conclut celle qui se considère comme un petit maillon de la chaîne. "Finalement, je suis contente que ce soit anonyme parce que je ne voudrais pas me poser de questions. Il y a bien une petite part de moi un peu curieuse qui aurait bien aimé savoir combien d'enfants sont nés, pas pour les connaitre, mais pour savoir combien j'ai aidé de parents. Mais finalement ça me convient bien, parce que si jamais ça n'avait pas fonctionné pour ces parents là, je serais certainement déçue d'avoir fait tout ça pour rien..."

Pour tout savoir sur le don, vous pouvez contacter l'Unité de médecine et de biologie de la reproduction au CHU de Caen ou sur internet www.dondovocytes.fr et www.dondespermatozoides.fr