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Société

"Je ne peux pas laisser insulter Poitiers", la mise au point du maire Alain Claeys

vendredi 5 octobre 2018 à 4:02 Par Rivière Isabelle, France Bleu Poitou

Il est en colère le maire de Poitiers. Depuis l'évacuation du squat la Maison mardi, Alain Claeys fait face aux critiques des internautes sur les réseaux sociaux et aux attaques de l'opposition, l'exhortant à faire plus pour l'accueil des migrants. "On va déjà au-delà de nos compétences", répond-il.

Le maire de Poitiers Alain Claeys
Le maire de Poitiers Alain Claeys © Radio France - isabelle Rivière

Poitiers, France

Alain Claeys, le maire de Poitiers, n'a pas l'habitude de donner ce genre de conférence de presse : un rendez-vous en guise de mise au point ou plutôt d'explication de textes, après l'évacuation, mardi, du squat la Maison, créé par un collectif citoyen pour héberger des groupes de migrants mineurs.

Des critiques sur les réseaux sociaux

Depuis mardi dernier, le maire de Poitiers fait face aux critiques des internautes sur les réseaux sociaux : "Claeys, il est quoi lui ? Socialiste?", interroge un internaute de manière ironique. Une autre écrit : "la préfète est aussi mauvaise que notre maire, qui lui ne dit rien mais n’a jamais voulu aider et comprendre !!!" Un autre dénonce "une décision scandaleuse et inhumaine". Et renvoie aux "vœux de monsieur le Maire" qui remportent, selon lui, "un prix Nobel de la tartuferie et de la langue de bois".

Six jours avant son expulsion, sur sa page Facebook, le collectif La Maison racontait son entrevue à la Mairie : 

Gare à la récupération politique 

Si le maire comprend l'émotion suscitée par cette évacuation, il refuse catégoriquement les attaques de l'opposition, et notamment du Front de gauche. "La gestion des migrants tient de la responsabilité de l'Etat, et du Département pour les mineurs isolés", rappelle l'élu avant d'ajouter que "la ville de Poitiers a toujours eu et continuera à avoir une attitude responsable au-delà de ses compétences". 

Nous n'avons pas à rougir sur l'accueil et l'accompagnement des personnes en grande difficulté (...) Je ne peux pas laisser insulter Poitiers ! " - Alain Claeys

Plus que l'ADN de la ville, c'est un réseau d'acteurs et de structures qui travaillent au quotidien sur ces problématiques. Et Le maire d'égrener les chiffres: Poitiers, c'est 1266 places d'hébergements pour des personnes en grande précarité sur les 2060 que compte le département, soit 61%. Pour les demandeurs d'asile, Grand Poitiers concentre 66% des places disponibles. 

L'accueil, au-delà des compétences

Au delà des chiffres, en terme de santé, et bien que ce ne soit pas une compétence des municipalités, Alain Claeys rappelle que le Relais Charbonnier, créé initialement pour l'accompagnement des personnes marginalisées suit aujourd'hui 90% de migrants dont la moitié non francophone. 

Qu'il y a également un projet de centre d'hébergement d'urgence de la Croix Rouge à la Chauvinerie, à Poitiers ouest. Et qu'en attendant sa construction, les bénéficiaires seront logés par le bailleur social Ekidom aux Couronneries. 

Il ne suffit pas d'offrir un toit, il faut aussi intégrer ces populations

Pour Alain Claeys donc, il ne suffit pas de leur donner un toit, il faut aussi  leur apprendre la langue, scolariser leurs enfants, les aider à trouver un emploi et les éduquer à la citoyenneté (les droits et les devoirs du citoyen) leur donner les codes du bien vivre ensemble. Pour y parvenir, il faut travailler en partenariat avec la caisse d'allocations familiales, les services de l'Etat et les bailleurs sociaux, c'est sur cette base que le maire compte lancer prochainement une Convention pour l'intégration.

Reste la question des "mijeurs", ces migrants ni majeurs, ni mineurs

Si les solutions d'hébergement existent pour les majeurs, que les mineurs isolés sont pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, reste la question des "mijeurs", ces migrants qui ne sont reconnus ni mineurs, ni majeurs et qui ne peuvent être pris en place par ces institutions. Ce sont eux, que le collectif citoyen "La maison" entendait mettre à l'abri dans leur squat d'hébergement collectif. 

En terme d'accueil, Poitiers c'est :

  • 1266 places d'hébergement pour des personnes en grande précarité sur les 2060 que compte la Vienne. 
  • 515 places d'accueil pour les demandeurs d'asile (sur 673 dans la Vienne)
  • 637 places d'hébergement pour les personnes hors demande d'asile (sur 997)

La plateforme d'accueil d'asile, c'est trois centres d'hébergement :

  • HUDA, accueil transitoire et d'urgence pour les demandeurs d'asile en attente de CADA (97 places)
  • PRADHA, hébergement et accompagnement pour les personnes souhaitant demander asile (114 places)
  • CADA, accueil, hébergement et accompagnement de demandeurs d'asile en cours de procédure (78 places)Les chiffres