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"Je ne suis pas formée pour ça" : Eléa héberge une femme victime de violences conjugales durant le confinement

Les violences familiales, conjugales notamment, ont augmenté depuis le début du confinement. Le gouvernement a pris des mesures d'urgence, mais ça ne suffit pas toujours. À Montpellier (Hérault), Eléa et son colocataire hébergent depuis plus d'une semaine une jeune femme qui a dû fuir son domicile.

Selon le ministère de l'Intérieur, les signalement de violences conjugales ont fortement augmenté depuis le début du confinement.(Illustration)
Selon le ministère de l'Intérieur, les signalement de violences conjugales ont fortement augmenté depuis le début du confinement.(Illustration) © Radio France - Stéphanie Berlu

+32% de signalements en zone gendarmerie, +36% en région parisienne. Comme le craignaient les associations, les violences conjugales explosent depuis le début du confinement. 200.000 femmes seraient en effet actuellement confinées avec un compagnon violent. Face à cette augmentation, le gouvernement a pris un ensemble de mesures d'urgences. Depuis le 1er avril, un numéro d'alerte par SMS, le 114, a été mis en place par le ministère de l'Intérieur pour signaler les violences lorsque l'on ne peut pas sortir de chez soi ni faire de bruit. Quelques jours plus tôt, un système d'alerte a été instauré dans les pharmacies du pays.

Des mesures pas toujours suffisantes ou adaptées. Depuis la fin du mois de mars, Eléa* et son colocataire hébergent dans leur appartement à Montpellier une jeune femme qui a fui son conjoint, de plus en plus agressif avec le confinement.

Une solution d'urgence

Lorsqu'elle a voulu partir un soir, la victime a trouvé portes closes au commissariat de Lattes. Après avoir rencontré une policière en civile, elle a pu signaler son cas mais n'a pas été orientée vers des structures adaptées. Ce sont les réseaux militants féministes qui lui ont permis de trouver un hébergement en catastrophe. Les policiers n'ont pu que la déposer en voiture vers son refuge et les inconnus qui ont accepté de l'héberger.

"On voulait juste la sortir de cette situation, on n'a pas réfléchi plus loin, résume Eléa, membre des "colleuses", un collectif féministe qui colle la nuit des affiches contre les violences faites aux femmes. On a essayé de faire comme on pouvait. On l'a prise chez nous et on s'est dit qu'on verrait plus tard comment les choses allaient se faire". 

Une prise de relais dans l'urgence pour la jeune femme qui n'est pas sans conséquences. "Là, ça fait quelques jours qu'elle est chez nous et maintenant il y a des questions qu'on ne s'était pas posés avant, le coût notamment que ça représente d'accueillir quelqu'un. Moi je suis étudiante, mon colocataire est étudiant aussi, on n'a clairement pas beaucoup de moyens. On essaie de faire ce qu'il faut, mais c'est sûr que ça va avoir un impact financier sur nos comptes", regrette-t-elle.

"Je l'ai fait par sororité, si c'était à refaire, je le referais de suite, explique-t-elle. Mais ce n'est pas du tout normal que ce soit moi, une jeune femme de 25 ans qui n'y connait finalement rien et qui n'a aucune formation, qui me retrouve dans cette situation". 

Moi je ne peux pas accompagner la victime psychologiquement, je ne sais pas faire, je ne sais pas comment l'aider
- Eléa

Elle dénonce les mesures prises ces derniers jours par le gouvernement, insuffisantes et dans l'urgence. "Ça aurait dû déjà avoir été fait en amont, ça aurait dû avoir été pensé il y a longtemps. Des semaines, des mois, des années que ça aurait dû être le cas, comme le nom de code en pharmacie, les professionnels en parlent depuis longtemps, ça se fait à l'étranger...et là les pharmaciens, ils ne sont même pas sûr de pouvoir aider les victimes. Ils n'y connaissent absolument rien. Et ce n'est pas un reproche, ça manque juste de formation".

À qui s'adresser ?

Si vous êtes victime des plateformes existent : 

  • vous pouvez appeler le 3919, du lundi au samedi, de 9h à 19h. Le numéro violences femmes info est toujours ouvert malgré le coronavirus, et il est gratuit ; 
  • Le 115 est lui aussi toujours joignable, il peut permettre de trouver un hébergement provisoire en urgence ; 
  • Un site internet permet d'effectuer un signalement : arretonslesviolences.fr ;
  • Enfin en cas d'urgence vitale, il faut composer le 17 ou envoyer un sms au 114

* Le prénom a été modifié

Témoignage d'Eléa, qui héberge chez elle une jeune femme victime de violence

Eléa dénonce les mesures prises trop tardivement par le gouvernement

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