Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

"Je ne suis pas l'Abbé Pierre" : un marchand de sommeil se justifie sur France Bleu

vendredi 28 septembre 2018 à 14:01 Par Martine Bréson, France Bleu Paris et France Bleu

Le marchand de sommeil dénoncé jeudi par la Fondation Abbé Pierre s'est expliqué sur France Bleu Paris vendredi. L'homme âgé de 85 ans vit en Vendée. Il estime "faire du social" en louant 11 logements indignes dans un immeuble parisien.

Les toilettes du micro-logement sont situées sur un balcon extérieur.
Les toilettes du micro-logement sont situées sur un balcon extérieur. - Fondation Abbé Pierre

Paris, Île-de-France, France

C'est un témoignage rare que France Bleu Paris a réussi à obtenir au lendemain de l'action choc de la Fondation Abbé Pierre qui lutte contre les marchands de sommeil. La Fondation avait fait visiter 11 logements indignes, dans un immeuble du 14e arrondissement de Paris. Des locations vétustes de 1 à 6 mètres carrés habitables dont les loyers se situent entre 250 et 480 euros par mois. 

France Bleu Paris a contacté le propriétaire de ces logements ciblés par la Fondation Abbé Pierre. Raymond B  vit en Vendée. Il a 85 ans et il possède depuis de très nombreuses années la totalité de l'immeuble du 4 avenue Jean Moulin dans le 14e arrondissement de Paris.

Le marchand de sommeil pense faire du social 

Joint par téléphone par Nicolas Olivier, journaliste de France Bleu Paris, Raymond B. semble trouver assez injuste d'être appelé "marchand de sommeil". 

Il estime faire du social : "On nous enquiquine pour louer à 450 euros. Ils (les locataires) ne couchent pas dehors, il y a un toit. Je ne suis pas l'Abbé Pierre puisqu'il parait qu'il est mort. Quelque part, moi c'était, appelons ça, du social."

J'irai en prison, je n'y ai pas encore été, ce sera une bonne occasion"

Face aux risques de sanctions, Raymond B. ne semble pas inquiet, "Je suis responsable... et puis j'irai en prison, je n'y ai pas encore été, à 85 ans je n'y ai pas encore été, ce sera une bonne occasion d'y aller".  

Le propriétaire se justifie : "On va supprimer tout le quatrième étage et puis au lieu que cela soit divisé en dix, douze, eh bien le diviser en trois ou quatre. Ça fera des superbes appartements mais qui ne seront pas réservés pour les étudiants ni pour les pauvres".

La Fondation Abbé Pierre demande davantage de moyens pour lutter contre les marchands de sommeil

Face à ces bailleurs peu scrupuleux, la Fondation Abbé Pierre est bien décidée à poursuivre  ses actions. Elle est soutenue par le services techniques de l'habitat de la Ville de Paris. 

Pour les logements indignes du 4 avenue Jean Moulin à Paris, le parquet a été saisi et une enquête est en cours. Trois arrêtés d'interdiction d'occupation ont aussi été publiés par le préfet et trois sont en cours d'examen. Mais malgré son obligation légale, le bailleur mis en cause n'a relogé, à ce jour, aucune victime et il continue de tenter d'encaisser les loyers illicites.  

La Fondation réclame au gouvernement davantage de moyens pour repérer ces situations, se tourner vers la justice et accompagner les victimes dans la durée.