Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

"Je ne veux pas d'argent mais une reconnaissance morale", plaide Henri-Dominique Lacas

-
Par , France Bleu Hérault

Quatre ans après la disparition pendant trois nuits et trois jours de Jean-Philippe, un jeune trisomique qui avait échappé à la surveillance de ses éducateurs dans le Gard, son père se bat avec l'assureur du centre de Lunel pour obtenir des réparations à la hauteur des souffrances subies en 2017.

Henri-Dominique Lacas souhaite une "reconnaissance morale" pour les souffrances physiques et psychologiques de son fils Jean-Philippe
Henri-Dominique Lacas souhaite une "reconnaissance morale" pour les souffrances physiques et psychologiques de son fils Jean-Philippe © Radio France - Romain Berchet

L'histoire avait beaucoup ému dans l'Hérault et le Gard. En janvier 2017, Jean-Philippe Lacas est porté disparu. Ce jeune trisomique de 31 ans avait échappé à la surveillance de ses deux éducateurs du centre de Lunel au cours d'une randonnée dans le Gard. Après avoir passé trois jours et trois nuits dans le froid glacial, il avait finalement été retrouvé au fond d'un ravin. Victime de graves gelures au pied, Jean-Philippe a pu être soigné afin d'éviter l'amputation. Les éducateurs ont été relaxés en novembre 2017 devant le tribunal policier de Nîmes. Aujourd'hui, Henri-Dominique, le papa se bat avec l'assurance du centre pour obtenir un protocole d'accord à la hauteur des souffrances physiques et psychologiques.

Il n'y aura pas de procès au civil puisque Henri-Dominique Lacas a accepté un accord avec l'assurance du centre de Lunel. Il a reçu le 17 mars ce fameux document. "C'est un jeu du chat et de la souris depuis quatre ans. À force d'écrire pour réclamer le protocole d'accord, je l'ai obtenu mais il est inacceptable", dénonce le père de Jean-Philippe. Parmi les sommes soumises, l'assureur propose 4.000 euros pour la catégorie "souffrances endurées". "Vous vous rendez-compte 4.000 euros pour tout ce que Jean-Philippe a subi", insiste Henri-Dominique qui répète que la question n'est pas financière.

Henri-Dominique Lacas devant la carte du lieu où avait été retrouvé son fils Jean-Philippe en janvier 2017 dans le Gard
Henri-Dominique Lacas devant la carte du lieu où avait été retrouvé son fils Jean-Philippe en janvier 2017 dans le Gard © Radio France - Romain Berchet

"Je ne demande pas d'argent", insiste Henri-Dominique Lacas

Un long combat

Dans cette histoire rien n'est épargné à Henri-Dominique et son fils. "Entre le transfert de Jean-Philippe à hôpital de Sallanches en Haute-Savoie en taxi, un expert médical qui ne connaît même pas la trisomie et maintenant l'assurance, c'est éprouvant. J'ai perdu douze kilos depuis quatre ans", raconte le père de Jean-Philippe. 

Je n'ai pas de haine envers les éducateurs, je n'ai que de la honte - Henri-Dominique

En colère suite à la relaxe des deux animateurs du centre de Lunel, le père de Jean-Philippe porte un regard plus serein aujourd'hui sur leur sort : "Je n'ai pas de haine envers les éducateurs, je n'ai que de la honte. Etre responsable de ce qui est arrivé et ne pas avoir eu de sanction, je ne sais pas si j'oserai me regarder dans un miroir".

"Ce n'est pas parce qu'il y a deux brebis galeuses que le troupeau est mauvais", selon Henri-Dominique Lacas

Les liens père-fils renforcés

Après plusieurs mois d'hospitalisation pour soigner ses pieds, Jean-Philippe est retourné dans le centre de Lunel où il est résident permanent. Pour autant, il n'a pas retrouvé totalement sa vie d'avant. "Il n'est plus question d'évoquer la notion de promenade devant lui", se désole Henri-Dominique, "il en a horreur." Malgré les séquelles psychologiques, le père de Jean-Philippe se fait un point d’honneur de défendre les intérêts de son fils. 

"J'aimerais être digne de sa confiance. J'ai été l'un des premiers à le retrouver au fond de se ravin en janvier 2017. Quand il m'a vu il m'a tout de suite dit "je t'aime papa". Je m'en souviendrai toute ma vie", affirme Henri-Dominique les larmes aux yeux. Jean-Philippe fêtera ses 35 ans en août prochain. C'est lui aujourd'hui qui remonte le moral de son père à chacune de leurs rencontres : "ça va aller"

Reportage : le combat d'Henri-Dominique Lacas face à l'assureur du centre de Lunel

Choix de la station

À venir dansDanssecondess