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"Je préfère perdre de l'argent que d'expulser une famille", un propriétaire à Laval face à la trêve hivernale

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Par , France Bleu Mayenne
Laval, France

Il n'y aura pas d'expulsion de ce 1er novembre au 31 mars prochain. Cette trêve est un répit pour les locataires mais peut parfois devenir un cauchemar pour des propriétaires qui voient les loyers impayés s'accumuler.

Des commissions sont mises en place par la Préfecture de la Mayenne pour prévenir les expulsions.
Des commissions sont mises en place par la Préfecture de la Mayenne pour prévenir les expulsions. © Maxppp - Alexander Roth-Grisard

Les locataires peuvent plus être expulsés de leur logement depuis ce 1er novembre et jusqu'au 31 mars prochain, c'est la trêve hivernale. Elle arrive dans un contexte dramatique car près de 16 000 ménages ont été expulsés en 2018 en France et c'est un record historique selon la Fondation Abbé Pierre. 

Cette trêve est donc un soulagement pour les locataires qui ont du mal à payer leur loyer mais c'est une période parfois compliquée pour les propriétaires qui se retrouvent avec des impayés. Gérard Guy par exemple, propose des locations depuis 30 ans à Laval et il en a déjà fait l'amère expérience.

Sur 700 locataires, Gérard a connu quatre ou cinq sérieux impayés, comme cet homme : 

Tout allait bien, il avait une profession, il était commercial. Il a commencé par avoir un accident de travail donc il a perdu son emploi. Ensuite, c'est la catastrophe, il a touché à l'alcool et la drogue.

Les loyers n'ont donc pas été payés pendant plusieurs mois. Gérard a relancé son locataire, et ils ont trouvé un compromis. La dette a été étalée sur plusieurs mois : 2 000 euros se sont transformés en 20 euros par mois. 

Pourtant, le locataire n'a pas réussi à respecter le marché. Dans ce cas-là, Gérard peut faire appel à une commission de la Préfecture, avec la CAF, des bailleurs sociaux, etc. pour trouver un logement plus adapté. 

Trouver un logement qui colle aux ressources des locataires

Des assistantes sociales vont notamment travailler sur le budget des locataires pour trouver là où des économies peuvent être faites, pour voir quel type de loyer ils peuvent payer. "Quand on est habitué à un logement qui fait 100 m², c'est difficile de retourner dans un T2 mais parfois, il vaut mieux le faire plutôt que ne pas pouvoir payer", estime Gérard Guy. 

Cette commission a permis à une famille logée par Gérard de retrouver un pavillon via Emmaüs mais le propriétaire, de son côté, n'a pas retrouvé ses 8 000 euros. "J'ai préféré perdre de l'argent parce que je ne pouvais pas faire autrement. C'est dur quand il y a une famille, des enfants, on ne peut pas les expulser", reconnaît le propriétaire. 

Des propriétaires à découvert

Gérard Guy n'a jamais expulsé quelqu'un alors il préfère prévenir et refuser des locataires. La dernière en date, c'est une femme seule avec deux enfants et sans revenus. 

Malgré tout, Gérard Guy qui est aussi vice-président de l'UNPI 53, l'Union des Propriétaires Immobiliers est en contact avec des propriétaires qui se retrouvent dans des situations catastrophiques à la suite de loyers impayés. 

J'ai rencontré une femme seule qui a son propre appartement, qui a investi pour sa retraite dans un logement. Mais quand il n'y a qu'une location et que l'arrangement avec le banquier, c'est que le loyer rembourse le prêt, et bien s'il y a des impayés, elle se retrouve coincée. Elle est à découvert et elle se retrouve avec les mêmes problèmes que son locataire.

Les propriétaires peuvent alors faire appel à cette commission de la Préfecture. En Mayenne, elle a traité plus de 140 dossiers de prévention d'expulsion rien qu'en octobre dernier, ce qui représente 130 000 euros d'impayés

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