Société

« Je suis Charlie » : un an après, retour en photo et en vidéo sur les manifestations en Franche-Comté

Par Marie Mutricy, France Bleu Besançon mercredi 6 janvier 2016 à 17:00

La marche républicaine de Besançon a rassemblé au moins 25 000 personnes
La marche républicaine de Besançon a rassemblé au moins 25 000 personnes © Radio France

Le 7 puis le 9 janvier 2015, 17 personnes meurent dans les attentats contre le journal satirique Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris. Samedi 10 janvier, à Besançon, ils sont près de 30 000 à battre le pavé, la veille des immenses manifestations partout en France.

Entre 25.000 et 30.000 personnes se sont rassemblées à Besançon samedi 10 janvier 2015 pour une grande marche citoyenne et républicaine dans les rues de Besançon raconte le site macommune.info en proposant de nombreuses photos du défilé. Dès 

Sur France Bleu Besançon, une émission spéciale "Charlie Hebdo" a lieu, animée par David Malle :

Emission spécial "Charlie Hebdo" sur France Bleu Besancon, présentée par David Malle

Et dès le jeudi 9 janvier, une minute de silence est observée par les passants à Besançon, ainsi que dans les établissements scolaires, comme à Lormont :

De nombreuses personnes observent une minute de silence à Lormont, le 8 janvier  - Radio France
De nombreuses personnes observent une minute de silence à Lormont, le 8 janvier © Radio France - Yassine Khelfa

Politiques et responsables religieux réagissent vivement

Alain Joyandet, sénateur UMP de Haute-Saône, se montre très offensif, affirmant qu'après les évènements de Joué-les-Tours et Dijon [l'attaque d'un commissariat par un homme armé d'un couteau ; une voiture folle dans le centre-ville de Dijon], on avait fait preuve de "naïveté ", alors que lui-même parlait de "guerre de civilisation ". Il ne faut "pas céder à la tentation de la dramatisation, mais cesser la naïveté ", explique-t-il alors : "nous sommes en guerre ".

Barbara Romagnan, députée PS du Doubs, estime de son côté qu'il ne faut "pas rentrer dans la logique de ceux que l’on dénonce". Elle cite les propos du Premier ministre norvégien, après le massacre d’Utoya en 2011 : "vous ne nous détruirez pas, nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie et de tolérance ".

Pierre Defendini : "que tous les dessinateurs remplissent leurs cases de noir"

Pierre Defendini, ancien directeur du festival des Mots Doubs, exprime alors sa peine de voir disparaître "des copains, des amis, qui montraient la France, qui montrait ce que nous sommes ". Il attend un "signe fort de révolte ". "J'aimerais que, demain, tous les dessinateurs de presse remplissent leurs cases de noir ".

Noëlle Ledeur, du réseau éducation sans frontière, rappelle que les dessinateurs et les journalistes de Charlie Hebdo étaient très proches de RESF : Charlie publiait une chronique hebdomadaire sur la situation des sans-papier, des dessinateurs ont été des parrains de sans-papier. Manifester, pour elle, était une manière de "saluer la mémoire de Charb, Tignous, Cabu, Wolinski, Bernard Maris et les moins connus ".

"Si tu tues un homme, tu tues toute l’humanité"

Khalid Jarmouni, président du Centre Culturel Islamique de Franche-Comté, explique qu'après ces "actes inqualifiables ", "l’unité est la meilleure réponse ". Il "demande à tous les musulmans d’être clairs dans leurs déclarations : ces actes ne font absolument pas partie de l’islam, ils sont une atteinte aux valeurs de la République ".

Maurice Bez, prêtre qui se consacre dans le diocèse au dialogue interreligieux, redoute que l'on reporte la responsabilité de l'évènement sur les Français de confession musulmane. La meilleure réponse, pour lui, "intensifier la rencontre entre Chrétiens et Musulmans. Si chaque Français avait un ami de confession musulmane, on verrait les choses autrement ". Il finit en citant le Coran : "si tu tues un homme, tu tues toute l’humanité ".

Les étudiants de l'Institut supérieur des Beaux-Arts de Besançon se mobilisent

Les étudiants de l'ISBA posent avec le slogan Je suis Charlie - Radio France
Les étudiants de l'ISBA posent avec le slogan Je suis Charlie © Radio France

Les lycéens hurlent pour Charlie