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Dossier : Coronavirus Covid-19

"Je suis jeune, je me sens dans le vide" : face au Covid-19, le rôle crucial des missions locales de la Loire

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Plus déprimés que la moyenne pendant ce deuxième confinement, les jeunes entre 16-25 sont aussi touchés de plein fouet par une précarité accrue. Dans la Loire, les missions locales comme celle du Gier Pilat viennent en aide à ceux qui cherchent un emploi.

Les missions locales travaillent à l'insertion des jeunes sur le marché de l'emploi (image d'illustration).
Les missions locales travaillent à l'insertion des jeunes sur le marché de l'emploi (image d'illustration). © Maxppp - IP3 PRESS/MAXPPP

Ce jeudi 3 septembre, Emmanuel Macron doit s'adresser aux jeunes dans une interview pour le média en ligne Brut. Des jeunes malmenés par la crise sanitaire et le deuxième confinement : plus de la moitié d'entre eux, à 25 ans, se disent déprimés notamment.  Pour ceux qui sont déscolarisés ou qui cherchent un emploi, la période est particulièrement difficile. À Saint-Chamond, dans la Loire, la mission locale Gier Pilat leur vient en aide.

Davantage de jeunes accueillis par la mission locale cette année

À Saint-Chamond, la mission locale ne désemplit pas. Les plannings des conseillers sont tous remplis trois semaines à l'avance, contre une en temps normale. La directrice adjointe de la mission locale, Helala Ghodbane, le confirme : "Sur les premières inscriptions, on voit une une augmentation de 10%. On a dépassé notre objectif de l'année dernière." En temps normal, les dix conseillers de l'ensemble Gier Pilat suivent près de 3.000 jeunes sur une année.

Qui sont-ils ? Pour Helala Ghodbane, de nouveaux profils ont toqué à la porte : "les jeunes qui dépendaient des commerces non essentiels sont venus nous voir. Un BTS esthéticienne en missions de remplacement est passée par exemple. C'est un public qu'on ne recevait pas avant. On remarque aussi des difficultés sociales. Les couples se séparent un peu plus. Certains sont en demande d'hébergement, en urgence. On en a toujours eu, mais c'est concentré en ce moment."

Le moral des jeunes reçus loin d'être au beau fixe

Lorsque les jeunes se présentent à la mission locale, ils sont reçus d'abord pour un point collectif, souvent animé par la directrice adjointe. À cette occasion, elle a pu constater à quel point la situation actuelle pèse sur les jeunes : "On sent une chape de plomb. Il s'expriment peu, on les sent isolés et à quel point il est dur de sortir de cet isolement. Mais ils font le choix de venir alors qu'il est possible de faire ça par téléphone, c'est positif."

Exemple de ces difficultés, un jeune homme de 21 ans que nous avons rencontré lors d'un accueil collectif. Il a tenu à rester anonyme, mais témoigne : "J'ai arrêté mon BTS il y a trois mois. Le premier confinement était très dur, je travaillais en alternance dans une grande surface et je devais gérer beaucoup de choses. Ensuite il a fallu suivre les cours en visio. C'était difficile, c'était un peu le bazar à la maison. Je ne pouvais plus suivre." 

Le jeune homme enchaîne depuis les emplois en intérim. Il veut se relancer, mais se sent "dans le vide. Pour dire vrai, je ne suis pas très confiant, je ne sais pas ce que je veux faire, je ne suis pas véhiculé, j'ai pas beaucoup d'expérience. On a besoin d'être accompagné."

Résister à l'urgence de la crise économique

Répondre à ses jeunes et les accompagner vers l'emploi, c'est bien le rôle de la mission locale. Pour cela, lors ud point collectif, Helala Ghodbane commence par rappeler la nécessité de résister à l'urgence : "Vous êtes ici pour bâtir un projet, trouver l'adéquation entre vos compétences et les besoins du marché du travail." Elle questionne à la ronde : "Où en-êtes vous ? Pourquoi venir à la mission locale ?"

Les réponses sont aussi nombreuses que les sept participants : "Un emploi à temps plein, tout de suite", "faire des études en psychologie", "je veux un emploi dans n'importe quoi"... Il faut construire à partir de ces réponses, et amener les jeunes à formuler un projet clair.

Parmi les participants, c'est le cas de Séverine. À 21 ans, elle a arrêté ses études trois ans après le bac : "on peut se sentir coupable de ne rien faire. Ma mère m'a poussée à venir pour développer mon projet." Le coronavirus a même inspiré la jeune fille : "je veux ouvrir mon site pour y vendre ma marque de vêtements. Tout sur e-commerce, rien de physique." La jeune fille sollicite maintenant l'aide de la mission locale "pour voir si c'est réaliste, peut-être trouver des financements, de l'aide sur le numérique. Et développer un réseau."

En fonction des besoins des jeunes, la mission locale propose plusieurs types d'accompagnements, de l'APE (Atout pour l'Emploi) sur quelques mois à la solution Garantie Jeunes, beaucoup plus demandeuse, sur un an. En tant que directrice adjointe, Helala Ghodbane s'inquiète aussi pour les "invisibles" : "ces jeunes qui échappent à tous les radars" et qui ont, comme les autres, besoin d'autant plus d'aide en ce moment. 

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