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Société

Journée contre l'homophobie: "Je suis surpris car tu avais l'air d'être une vraie femme"

lundi 16 mai 2016 à 18:37 - Mis à jour le lundi 16 mai 2016 à 20:39 Par Martin Cotta, France Bleu Saint-Étienne Loire

Réflexions, regards, agressions verbales et parfois physiques. Des associations d’informations, de promotion et de défense des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et trans se rassemblent, place Jean-Jaurès à Saint-Étienne ce mardi, pour la journée contre l'homophobie et la transphobie.

L'homophobie et la transphobie encore bien présentes en France
L'homophobie et la transphobie encore bien présentes en France © Radio France - Martin Cotta

Saint-Étienne, France

Mardi, c'est la journée contre l'homophobie et la transphobie. En France, en 2015, l'association SOS Homophobie a reçu plus de 2000 témoignages de personnes homosexuelles ou transsexuelles, racontant leur quotidien difficile, fait de discriminations, de réflexions désobligeantes et parfois de violences physiques. Et les discriminations auraient lieu le plus souvent sur internet : 804 cas d'homo-bi-trans-phobie recensés sur internet. Et plus de 228 dans les lieux publics.

À Saint-Étienne, des associations d’information, de promotion et de défense des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et trans organisent un Freez Mob, place Jean-Jaurès à Saint-Étienne ce mardi. Cela commencera dès 17h avec des prises de paroles et à 19h30 un lâcher de ballons biodégradables. À ce jour, il n'existe pas de statistiques locales pour savoir combien de cas d'homophobie ont été recensés dans la Loire. Mais à l'écoute de certains témoignages, il y en a au quotidien.

"Pour lui être lesbienne c'est être une sous-femme"

D'après Emma, une Stéphanoise de 21 ans, l'homophobie est latente. C'est un peu tous les jours au quotidien. "La semaine dernière j'avais affaire à un mec. Je lui ai dit que j'aimais une femme et il m'a dit : Oh je suis surpris car tu avais l'air d'être une vraie femme... Donc pour lui être lesbienne c'est être une sous-femme", s'exclame la jeune fille. Et quand ce ne sont pas des réflexions, ce sont des regards un peu trop insistants quand Clarisse se promène en couple et face à des gens qu'elle ne connaît pas. "Quand je rencontre des nouvelles personnes, c'est toujours compliqué de savoir si je peux parler de mon ex ELLE ou ma copine ELLE. Est-ce qu'il faut que je prévienne les gens ? Ou est-ce que je peux en parler comme la nana à côté de moi qui parle de son mec ? On se pose toujours la question en fait", explique-t-elle.

D'après la jeune fille, cette homophobie latente s'explique par un manque d'éducation et les représentations de notre société. "Par exemple, à l'école, on va demander à un petit garçon s'il a une chérie et pas s'il est amoureux de quelqu'un", décrit Clarisse. Au mois d'août, une quatrième association a été créée par Lucie Demange. L'association Démineurs propose des événements ouverts à toutes et à tous dans la diversité des orientations sexuelles.

Être homme ou femme-trans à Saint-Étienne

Au-delà de l'homophobie, une autre forme d'agression existe : la transphobie. D'après l'association Inter-Trans, il y aurait 15.000 femmes ou hommes-trans en France. À Saint-Étienne, Olivia, 34 ans, est une femme-trans. D'après elle, il est très compliqué d'être considéré dans notre société : "Il n'y a pas de lois qui nous protègent. Quand on est trans, on n’existe pas. La première chose à faire c'est une loi qui nous permette d'exister. Moi aujourd'hui, je n'ai pas le droit d'avoir mes papiers. Aujourd'hui les personnes trans doivent être stérilisées. Si je veux mes papiers, je dois être steéilisée, je dois suivre un parcours médical, je dois être jugée, et c'est ça la violence la plus importante. Ce ne sont pas les coups qui font mal, ce sont les mots et le fait d'être invisible. Aujourd'hui sur mes papiers, j'ai un prénom qui n'est pas le mien et un genre qui n'est pas le mien. Partout où je vais je dois expliquer qu'il faut me respecter parce que les personnes ne le savent pas", explique Olivia qui a été agressée deux fois physiquement en un an à Saint-Étienne.

"Quand on est trans, on n'existe pas"

Le rassemblement place Jean-Jaurès à 17h ce mardi, doit donc permettre aux associations de se montrer et espérer qu'un jour les personnes trans, homosexuelles ou lesbiennes puissent être considérés par tous.